L’effort fait des forts

L’effort fait des forts 1500 2000 #PIEcE

J’ai passé deux jours superbes, en avril, avec les auditeurs réunis par la Fondation Méditerranéenne d’Études Stratégiques (FMES), dans le cadre de de la Session des Hautes Études Géopolitiques Africaines (#SHEGA2026) que j’ai animée. Deux jours à parler des enjeux africains. Des crises. Des décisions. Des pouvoirs. Mais aussi deux jours à réfléchir à ce que « former » veut vraiment dire.

Il y a une confusion que je vois souvent. On confond la formation avec le formatage. Le formatage, c’est produire des copies conformes. Des gens qui récitent, qui répètent, qui imitent. C’est utile pour les machines. C’est catastrophique pour les leaders.

Ce que je veux pour chaque participant, c’est simple : qu’il reparte avec des outils qu’il n’avait pas en entrant. Des outils pour lire son environnement. Anticiper les ruptures. Peser ses options sans se laisser déborder par l’urgence ou paralyser par l’incertitude.

Former, c’est autre chose. C’est ouvrir un espace où quelqu’un découvre qu’il voit mieux. Qu’il comprend plus vite. Qu’il décide avec plus de clarté. Entre les deux, il y a la même distance qu’entre la beauté et l’artifice. Ce que je veux pour chaque participant, c’est simple : qu’il reparte avec des outils qu’il n’avait pas en entrant. Des outils pour lire son environnement. Anticiper les ruptures. Peser ses options sans se laisser déborder par l’urgence ou paralyser par l’incertitude.

Dans le contexte africain et mondial actuel, ce n’est pas un luxe. Les crises ne préviennent pas. Les décisions ne s’améliorent pas seules. Les organisations ne deviennent pas plus agiles par la pensée magique. Elles le deviennent par des individus mieux armés.

Apprendre exige un effort. C’est vrai. Et c’est précisément là que réside sa valeur. Ce qui ne coûte rien ne transforme rien. L’effort est la preuve de la formation. L’effort fait des forts, pour reprendre l’expression du philosophe congolais, Jean-Pierre Mbelu. Mais nous l’oublions dans notre course à la facilité, aux raccourcis, aux certitudes instantanées.

Merci à la FMES pour la confiance accordée. Merci aux différents intervenants.

Ce genre d’espace, exigeant, ouvert, rigoureux, est exactement ce dont nous avons besoin pour former les architectes et architectures de demain.

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Des pyramides à bâtir.

« L’invocation par nous du passé seul, du passé simple, ne prouve rien pour le présent et l’avenir, alors que la convocation d’un présent médiocre ou calamiteux comme témoin à charge contre nous, peut mettre en doute notre passé et mettre en cause notre avenir. C’est pourquoi chaque Africaine, chaque Africain doit être, ici et maintenant, une valeur ajoutée. Chaque génération a des pyramides à bâtir. »
– Joseph Ki-Zerbo, extrait de son livre « Paroles d’hier pour aujourd’hui et demain »