Réhabiliter la parole

Réhabiliter la parole 900 566 #PIEcE

Une écrasante majorité de citoyens, en France, se méfie profondément de ses dirigeants (selon l’édition 2025 du baromètre de la confiance politique du Cevipof). Je pense que le constat est, plus ou moins, partagé en Europe, et dans nombre de pays africains.

Il y a incontestablement une crise de la parole publique qui paralyse la capacité à construire un avenir commun. Les difficultés de la mobilisation politique et sociale, en Occident comme en Afrique, ne sont pas techniques. Elles sont clairement le symptôme d’une trahison perçue.

La confiance, en politique comme ailleurs, relève d’une foi dans la parole. Une parole qui ne se contente pas de dire, mais qui montre aussi ce qu’elle dit. Une parole dont la responsabilité ne s’éteint pas une fois prononcée, mais qui s’incarne dans des actes cohérents et durables.

La parole politique a cessé d’être un engagement pour devenir un outil de communication. Dégradée en « éléments de langage », vidée de sa substance, elle est perçue comme un instrument de pouvoir déconnecté de l’action et du réel. Chaque promesse non tenue, chaque discours contredit par les faits creuse le déficit de confiance. Ce sentiment d’impuissance et d’illégitimité des élites n’est pas qu’occidental. En effet, il ronge aussi les démocraties africaines où les espoirs d’indépendance et de développement se heurtent souvent à des récits qui ne servent pas le bien commun.

Dans cette perspective, « mieux communiquer » n’est pas la solution. Il faut réhabiliter la parole elle-même. Pour mobiliser, pour regagner la confiance. Pour mobiliser, il faut effectivement restaurer la confiance. Et la confiance, en politique comme ailleurs, relève d’une foi dans la parole. Une parole qui ne se contente pas de dire, mais qui montre aussi ce qu’elle dit. Une parole dont la responsabilité ne s’éteint pas une fois prononcée, mais qui s’incarne dans des actes cohérents et durables. La mobilisation ne se décrète pas, elle se mérite par une parole redevenue le fondement d’un monde commun. Un acte qui nous engage au-delà de l’instant.

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Des pyramides à bâtir.

« L’invocation par nous du passé seul, du passé simple, ne prouve rien pour le présent et l’avenir, alors que la convocation d’un présent médiocre ou calamiteux comme témoin à charge contre nous, peut mettre en doute notre passé et mettre en cause notre avenir. C’est pourquoi chaque Africaine, chaque Africain doit être, ici et maintenant, une valeur ajoutée. Chaque génération a des pyramides à bâtir. »
– Joseph Ki-Zerbo, extrait de son livre « Paroles d’hier pour aujourd’hui et demain »