Essais sur le politique, la corruption morale et la gestion de la barbarie

Cet ouvrage traite des réalités politiques, socio-économiques et géostratégiques de la République Démocratique du Congo sous le prisme de ce que le pays est devenu depuis les années 1990 : celui d’un Etat raté. Qu’est-ce qu’un Etat raté ? Edward S. Herman, Professeur Emérite de l’Université de Pennsylvanie, qui s’est penché sur cette question, définit l’Etat raté comme «un Etat qui, après avoir été écrasé militairement ou rendu ingérable au moyen d’une déstabilisation économique et du chaos qui en résulte, a presque définitivement perdu la capacité (ou de droit) de se reconstruire et de répondre aux attentes légitimes de ses citoyens.»

La guerre de basse intensité menée par les élites anglo-saxonnes contre le Kongo-Kinshasa depuis l’invasion de l’Alliance des Forces Démocratiques de la Libération (AFDL) en 1996 avait pour objectif de produire un Etat raté afin de contrôler ses ressources stratégiques ainsi que les cœurs et les esprits de ses habitants. Après, 25 ans d’extermination et de clochardisation des populations, d’abrutissement des citoyens, d’affaiblissement des institutions, et de pillage des ressources nationales, cet objectif semble être en passe de se concrétiser. Et tout cela, derrière la « façade d’une jeune démocratie ». C’est ainsi que la confusion est créée et entretenue. Une confusion que l’abbé Jean-Pierre Mbelu, à travers cette série d’essais, s’attache à déconstruire.

La fabrique d’un Etat raté s’inscrit dans le travail de réflexion et de décryptage que mène Jean-Pierre Mbelu depuis plus d’une décennie autour de la guerre permanente contre le Kongo-Kinshasa d’une part, et de la crise anthropologique qu’elle a engendrée chez les congolais, d’autre part. Ce travail, relayé sur ingeta.com, a pour ambition d’éclairer les réponses et les actions à même de contribuer au redressement, à la renaissance et à la réinvention du Kongo-Kinshasa. Il a une dimension interculturelle très marquée. Pour cause. Jean-Pierre Mbelu est convaincu que le Kongo-Kinshasa n’est pas une île dans un monde où les luttes d’influence entre les architectes et les partisans du mondialisme et ceux du multilatéralisme n’épargnent aucun pays.

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