{"id":5864,"date":"2013-08-23T12:07:55","date_gmt":"2013-08-23T12:07:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ingeta.com\/?p=5864"},"modified":"2013-08-23T12:07:55","modified_gmt":"2013-08-23T12:07:55","slug":"strategie-du-pouvoir-congolais-de-faire-la-politique-autrement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/strategie-du-pouvoir-congolais-de-faire-la-politique-autrement\/","title":{"rendered":"Et si la guerre contre le M23 faisait partie de la strat\u00e9gie du pouvoir congolais de faire la politique autrement ?"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\tPar <a href=\"http:\/\/desc-wondo.org\/et-si-la-guerre-contre-le-m23-fait-partie-de-la-strategie-du-pouvoir-congolais-de-faire-la-politique-autrement-jj-wondo\/\">Jean-Jacques Wondo<\/a><\/p>\n<p><strong>Le th\u00e9oricien et strat\u00e9giste prussien Carl Von Clausewitz \u00e9crivait dans son manuel, De la Guerre, devenu un classique dans l\u2019\u00e9tude strat\u00e9gique : <em>\u00ab La guerre est une simple continuation de la politique par d\u2019autres moyens. La guerre n\u2019est pas seulement un acte politique, mais un v\u00e9ritable instrument politique, une poursuite des relations (ou transactions) politiques, une r\u00e9alisation de celles-ci par d\u2019autres moyens \u00bb<\/em>. Pour cet auteur, c\u2019est la politique qui fixe les buts de la guerre, qui d\u00e9termine quand il faut conduire une guerre ou quand il faut adopter une tr\u00eave. A l\u2019analyse de la guerre qui s\u00e9vit \u00e0 l\u2019est de la RD Congo depuis mai 2012 du fait de la r\u00e9bellion arm\u00e9e M23, les analystes et experts commencent de plus en plus \u00e0 croire \u00e0 une strat\u00e9gie de dupes savamment mis en place entre les bellig\u00e9rants : Le pouvoir de Kinshasa et le M23, tous deux des reliquats de l\u2019AFDL cr\u00e9\u00e9e et instrumentalis\u00e9e par le Rwanda et l\u2019Ouganda.<\/strong><br \/>\n<br \/>\nApr\u00e8s la chute de Goma en novembre 2012, \u00e0 la suite notamment des trahisons et des complicit\u00e9s av\u00e9r\u00e9es de la haute hi\u00e9rarchie militaire congolaise, Kinshasa plac\u00e9e dos au mur n\u2019avait pas d\u2019autre solution que d\u2019aller n\u00e9gocier avec le mouvement rebelle \u00e0 Kampala. Une strat\u00e9gie de profil bas rejet\u00e9e par la majorit\u00e9 de l\u2019opinion publique congolaise qui ne voyait aucune valeur ajout\u00e9e pour le Congo d\u2019aller n\u00e9gocier avec un groupe n\u00e9gatif qui s\u00e8me la terreur au sein des populations du Kivu. La pression populaire exerc\u00e9e sur les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s gouvernementaux dont les faits, gestes et d\u00e9clarations \u00e9taient surveill\u00e9s ne leur permit pas de conclure un accord suivant le cahier des charges propos\u00e9 par le M23. Cela pour dire que l\u2019opinion publique congolaise avait encore bien en m\u00e9moire les accords du 23 Mars 2009 conclus avec le CNDP, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale et octroyant plus des pr\u00e9rogatives aux rebelles qu\u2019\u00e0 la partie gouvernementale.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019impasse politique \u00e0 Kampala, seule l\u2019option belliciste restait le seul moyen pour le M23 de forcer Kinshasa \u00e0 n\u00e9gocier. En effet, dans l\u2019\u00e9tude des m\u00e9canismes de la guerre on constate que celle-ci \u00e9clate quand la diplomatie et les autres m\u00e9canismes de n\u00e9gociation pour r\u00e9soudre un conflit ou atteindre les objectifs politiques mis de l\u2019avant se r\u00e9v\u00e8lent inefficaces, pour quelque raison que ce soit, et que le recours \u00e0 la force arm\u00e9e devient l\u2019ultime moyen de r\u00e9aliser ses vues et d\u2019appliquer ses strat\u00e9gies politiques.<\/p>\n<p>Ainsi, apr\u00e8s six mois de tr\u00eave fragile, o\u00f9 chaque camp essayait de renforcer ses positions militaires, les combats reprirent en mai 2013 \u00e0 Mutaho dans les environs de Goma. Le passage dans la r\u00e9gion de Ban Ki-Moon et du directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Banque mondiale permettra d\u2019obtenir une accalmie de courte dur\u00e9e car les n\u00e9gociations n\u2019ont pas repris \u00e0 Kampala.<\/p>\n<p>Et l\u00e0 o\u00f9 s\u2019arr\u00eate la politique commence la guerre en prolongement de la politique, naturellement, les combats reprirent \u00e0 nouveau en juillet avec une nouvelle donne cette fois-ci : pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but des hostilit\u00e9s, les FARDC prennent le dessus sur leur adversaire, non seulement en repoussant leur offensive, mais en menant des contre-offensives qui leur ont permis de grappiller quelques Km2 \u00e0 l\u2019ennemi M23, affaibli entre autres \u00e0 la suite d\u2019un conflit interne en f\u00e9vrier-mars 2013 qui a vu pr\u00e8s de 800 de ses hommes, fid\u00e8les \u00e0 Ntaganda, fuir au Rwanda. Conscient de leur inf\u00e9riorit\u00e9 militaire face aux FARDC qui ont notamment connu une r\u00e9organisation dans le commandement, le g\u00e9n\u00e9ral Olenga ayant remplac\u00e9 le G\u00e9n\u00e9ral Amisi Tango Four accus\u00e9 par ses troupes de trahison, la logistique \u00e9tant assur\u00e9e par les chinois de peur de voir les officiers congolais d\u00e9tourner les fonds et le mat\u00e9riel de guerre et les unit\u00e9s au combat b\u00e9n\u00e9ficiant des conseils techniques des instructeurs belges, le M23 n\u2019avait pas d\u2019autre discours que celui de se dire favorable aux pourparlers de paix de Kampala, comme seul cadre de r\u00e9solution de la crise.<\/p>\n<p>Oubliant qu\u2019une fois en situation de force, c\u2019est le langage des armes qu\u2019il affectionne qu\u2019il brandit g\u00e9n\u00e9ralement en temps normal. Une fa\u00e7on pour ce groupe rebelle de gagner du temps pour mieux se r\u00e9organiser et nous l\u2019avions expliqu\u00e9 en son temps lorsque nous mentionnions un \u00e9trange ballet diplomatique au moment o\u00f9 les FARDC dominent le M23, qui fut suivi par une <a href=\"http:\/\/desc-wondo.org\/etrange-ballet-diplomatique-au-moment-ou-les-fardc-dominent-le-m23\/\">tr\u00eave inexpliqu\u00e9e alors que les FARDC pouvaient conclure les man\u0153uvres<\/a>.<\/p>\n<p>Mais si en 2012 c\u2019\u00e9taient des contre-ordres ou des ordres de repli qui \u00e9taient donn\u00e9s aux troupes, cette fois-ci, ce sont des non-ordres ou la consigne : d\u00e8s que le M23 vous attaque, vous ripostez et puis il faut attendre les ordres de Kinshasa pour la suite des man\u0153uvres. Des ordres qui ne viennent jamais \u00bb, nous a confi\u00e9 un officier de l\u2019Etat-major op\u00e9rationnel de renseignement militaire que nous avons joint \u00e0 Goma. Ce dernier nous a m\u00eame fait part de sa d\u00e9sillusion car ne comprenant pas pourquoi les ordres op\u00e9rationnels devaient venir de Kinshasa, situ\u00e9e \u00e0 plus de 1.500 Km de la zone de combats, alors que dans une guerre, c\u2019est l\u2019\u00e9tat-major op\u00e9ratif, \u00e9tabli dans la zone de bataille et au contact avec la r\u00e9alit\u00e9 de terrain, qui est le mieux plac\u00e9 pour appr\u00e9cier de l\u2019opportunit\u00e9 de la poursuite ou non des hostilit\u00e9s.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 la tr\u00eave inexpliqu\u00e9e de deux mois pendant que les FARDC ont inflig\u00e9 de lourdes pertes au M23 et auraient \u00e9t\u00e9 capables d\u2019an\u00e9antir le M23. Une tr\u00eave favorable bien s\u00fbr au M23 qui s\u2019est reconstitu\u00e9, malgr\u00e9 des menaces farfelues et mensong\u00e8res d\u2019une Monusco d\u00e9faillante sur toute la ligne.<br \/>\n<br \/>\n<strong>Entretemps le train des concertations versus Kabila d\u00e9marre mais avance \u00e0 reculons<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque le 15 d\u00e9cembre 2012, accul\u00e9 par l\u2019opinion publique du fait de la prise de Goma par le M23, le pr\u00e9sident Joseph Kabila prend l\u2019engagement solennel, devant les deux chambres du parlement r\u00e9unies en Congr\u00e8s, d\u2019organiser au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2013 un cadre pour les concertations entre les diff\u00e9rentes les forces vives de la Nation, pour l\u2019initiateur de cette formule c\u2019\u00e9tait en vue de consolider la coh\u00e9sion nationale \u00e9branl\u00e9e du fait de la guerre de l\u2019est. Certes, M. Kabila s\u2019est vite rendu compte, contrairement \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur en ao\u00fbt 1998, que son r\u00e9gime n\u2019\u00e9tait pas soutenu par la population. Alors que dans les \u00e9tudes pol\u00e9mologiques, il est d\u00e9montr\u00e9 que la sant\u00e9 de l\u2019Etat, c\u2019est la guerre (Randolph Bourne) car la guerre pr\u00e9sente parfois une fonction positive de f\u00e9d\u00e9rer la population derri\u00e8re son gouvernement, f\u00fbt-il dictatorial ou opprimant, c\u2019est le contraire qui se produisit : Les trahisons et d\u00e9faites \u00e0 r\u00e9p\u00e9titions ont exacerb\u00e9 la m\u00e9fiance de la population \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses gouvernants. Tout cela dans un contexte post\u00e9lectoral d\u2019une crise de l\u00e9gitimit\u00e9 (reconnue par les observateurs les plus neutres ; Carter, MOE UE, Congo SADC\u2026) o\u00f9 la majorit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 civile et les principaux partis et acteurs de l\u2019opposition parlementaire (UDPS et alli\u00e9s, UNC, FAC\u2026) r\u00e9clamaient un dialogue inclusif, transparent, cr\u00e9dible qui devait se conformer aux engagements pris par Kinshasa dans l\u2019accord-cadre sign\u00e9 \u00e0 Addis-Abeba en plus d\u2019introduire de la crise \u00e9lectorale comme un des points centraux du dialogue pour la coh\u00e9sion nationale qui ne r\u00e9sulte pas selon eux du fait de la guerre. Celle-ci n\u2019\u00e9tant qu\u2019un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne de la crise \u00e9lectorale et la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 des institutions issues des \u00e9lections jug\u00e9es non cr\u00e9dibles et non transparentes \u00e0 cause de l\u2019ampleur des fraudes et des irr\u00e9gularit\u00e9s qui les ont \u00e9maill\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour revenir \u00e0 Randolphe Bourne afin de mettre en lumi\u00e8re la strat\u00e9gie d\u2019instrumentalisation de la guerre contre le M23 par le pouvoir de Kinshasa, la guerre est une activit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019\u00c9tat, tant pour des motifs externes qu\u2019\u00e0 usage interne : elle permet de restaurer l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat en faisant taire les dissensions, en imposant des disciplines inacceptables en temps de paix et en assurant de juteux b\u00e9n\u00e9fices politico-\u00e9conomiques. L\u2019Etat se justifie pleinement dans la guerre qui est sa vocation. Selon BOURNE : La guerre met tr\u00e8s clairement en relief l\u2019id\u00e9al de l\u2019Etat et r\u00e9v\u00e8le des attitudes et des tendances jusque l\u00e0 enfouies\u2026 Car la guerre est essentielle \u00e0 la sant\u00e9 de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9al de l\u2019Etat est que son pouvoir et son influence sur son territoire soient universels. La guerre,\u2026 d\u00e9clench\u00e9e par une r\u00e9publique contre un ennemi (M23 pour notre cas), semble accomplir pour une nation presque tout ce que l\u2019id\u00e9aliste politique le plus enflamm\u00e9 pourrait r\u00eaver d\u2019accomplir. Les citoyens cessent d\u2019\u00eatre indiff\u00e9rents \u00e0 leur gouvernement (Comme sous Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila et c\u2019est le but recherch\u00e9 actuellement en vain par Kinshasa) et chaque cellule du corps politique d\u00e9borde de vie et d\u2019activit\u00e9. On tend enfin \u00e0 la r\u00e9alisation compl\u00e8te de la communaut\u00e9 globale o\u00f9 chaque individu est en quelque sorte l\u2019expression virtuelle du tout. Dans une nation en guerre \u2013 comme l\u2019est actuellement la RD Congo \u2013 chaque citoyen s\u2019identifie au tout et se sent consid\u00e9rablement renforc\u00e9 par cette identification\u2026 La loyaut\u00e9 \u2013 ou la d\u00e9votion mystique \u00e0 l\u2019Etat \u2013 devient la plus haute valeur humaine concevable (Bourne cit\u00e9 dans Les Arm\u00e9es Au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC).<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, le pouvoir essayera par toutes les man\u0153uvres politiciennes de concevoir et organiser des concertations taill\u00e9es sur mesure, en soudoyant une partie des opposants connus \u00e0 la place publique de faire la politique du \u00ab ventre creux \u00bb, elle se butera \u00e0 la r\u00e9sistance des partis alli\u00e9s \u00e0 l\u2019UDPS de Tshisekedi et \u00e0 l\u2019UNC de Vital Kamerhe, deux poids lourds de l\u2019opposition, sans lesquels toute concertation\/dialogue politique ne sera ni largement inclusif encore moins ne parviendra \u00e0 cimenter la coh\u00e9sion nationale. Pareilles concertations ressembleront davantage aux prolongations des messes de Kingakati, la triste c\u00e9l\u00e8bre ferme pr\u00e9sidentielle o\u00f9 la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle (MP) est souvent convoqu\u00e9e pour se faire distribuer de l\u2019argent frais du tr\u00e9sor public en vue de respecter des consignes et une ligne politique leur impos\u00e9es par la haute autorit\u00e9 morale, ou encore des d\u00e9bats du parlement nomm\u00e9, fonctionnant comme une caisse de r\u00e9sonance des d\u00e9cisions politiques de la MP.<\/p>\n<p>L\u2019intransigeance adopt\u00e9e par les t\u00e9nors de l\u2019opposition politique et la majorit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 civile aboutit forc\u00e9ment \u00e0 l\u2019impasse, malgr\u00e9 le forcing du duo Minaku-Kengo car conscients que l\u2019alibi des concertations organis\u00e9es unilat\u00e9ralement et politis\u00e9es \u00e0 outrance -non dans le but de rechercher la coh\u00e9sion nationale rompue du fait des \u00e9l\u00e9ctions mais bien d\u2019atteindre certains objectifs politiques \u00e0 moyen ou \u00e0 long termes dans ce mandat finissant du pr\u00e9sident Kabila \u2013 ne r\u00e9soudra pas le probl\u00e8me \u00e0 la base.<\/p>\n<p>Toutes choses \u00e9tant \u00e9gales par ailleurs, et nous l\u2019avions d\u00e9montr\u00e9 au d\u00e9but de cette analyse, quand la politique (ou les n\u00e9gociations\/concertations) s\u2019arr\u00eatent ou butent \u00e0 un obstacle, c\u2019est la guerre ou la menace de la guerre qui prend le relai pour continuer la politique autrement (Clausewitz). Il faut donc alors que des motifs de la guerre servent de base pour justifier l\u2019importance des concertations de la coh\u00e9sion nationale du fait de la guerre et non des \u00e9lections. Ainsi pour Kinshasa, la reprise des hostilit\u00e9s contre le M23 peut servir d\u2019outil ou d\u2019argument pour amener les gens \u00e0 la table des concertations. Surtout \u00e0 un moment o\u00f9 la population commence \u00e0 renouer sa confiance et \u00e0 soutenir l\u2019arm\u00e9e loyaliste. D\u2019autant qu\u2019un pays en guerre a besoin de l\u2019entier appui et de l\u2019engagement total de ses citoyens, qui doivent \u00eatre pr\u00eats \u00e0 faire des sacrifices et \u00e0 endurer des souffrances. (Les Arm\u00e9es Au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC).<\/p>\n<p>Mais le pouvoir de Kinshasa semble oublier que cela n\u2019est possible que lorsque le contrat social entre les gouvernants et les gouvern\u00e9s est l\u00e9gitime et surtout, le pacte moral entre l\u2019arm\u00e9e et la nation est r\u00e9el et fort.<\/p>\n<p>Ainsi, lorsque l\u2019on analyse de plus pr\u00e8s le d\u00e9but de la prise de conscience des congolais constat\u00e9e ces derniers temps, notamment dans leur approche de cerner les enjeux derri\u00e8re la guerre dite contre le M23, on peut avancer que mieux expliqu\u00e9s par l\u2019\u00e9lite politique et intellectuelle aupr\u00e8s de la masse critique populaire, les le\u00e7ons tir\u00e9es de cette ultime guerre, les d\u00e9faites \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition de nos arm\u00e9es (humiliation nationale, arm\u00e9e d\u00e9liquescente, structures \u00e9tatiques inexistantes, crise sociale et \u00e9conomique, corruption. . . ) et les enjeux (g\u00e9opolitiques et g\u00e9ostrat\u00e9giques) de cette guerre peuvent constituer une occasion exceptionnelle et un tournant d\u00e9cisif du d\u00e9but de la normalisation profonde de l\u2019ordre politique congolais.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, le dialogue pour la coh\u00e9sion nationale (pas dans sa formule politicienne actuelle des concertations versus le pr\u00e9sident Kabila) peut \u00eatre cette opportunit\u00e9 \u00e0 la port\u00e9e des congolais, s\u2019il est organis\u00e9 dans le but de privil\u00e9gier l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et supr\u00eame de la RD Congo. Pourvu que les congolais en prennent r\u00e9ellement et profond\u00e9ment conscience. En effet, l\u2019effet direct d\u2019une d\u00e9faite militaire (ou d\u2019une succession de d\u00e9faites depuis 1997 pour le cas du Congo) est principalement la r\u00e9duction \u00e0 n\u00e9ant de la cr\u00e9dibilit\u00e9 des \u00e9lites au pouvoir, voire de l\u2019ensemble de classe dite politique ; la remise en question profonde des structures et du fonctionnement de l\u2019Etat vaincu et d\u00e9faillant ; ainsi que le rejet (pourquoi pas d\u00e9finitif ?) du mode de gouvernance \u2018dictatocratique\u2019 qui a \u00e9t\u00e9 le seul mod\u00e8le d\u2019exercice du pouvoir jusque l\u00e0 appliqu\u00e9 au Congo. A cela, s\u2019ajoute l\u2019effet indirect qui se traduit par une crise sociale, identitaire, \u00e9conomique, de grands mouvements de protestation populaires (\u00e0 l\u2019instar des manifestations observ\u00e9es ces jours \u00e0 Goma) qui repr\u00e9sentent des facteurs d\u2019instabilit\u00e9 politique interne pouvant d\u00e9boucher \u00e0 une crise syst\u00e9mique \u00e0 la fois politique, institutionnelle et de r\u00e9gime comme point de passage et d\u2019amorce vers une normalisation durable de l\u2019ordre politique syst\u00e9mique. (Les Arm\u00e9es Au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC). C\u2019est cela aussi la fonction positive de la guerre mod\u00e9lis\u00e9e par le pol\u00e9mologue Gaston Bouthoul.<br \/>\n<br \/>\n<em>Jean-Jacques Wondo Omanyundu<\/em><br \/>\n<em> Analyste des questions politiques et s\u00e9curitaires de la RD Congo<\/em><br \/>\n<em> Lire toutes ses analyses sur <a href=\"http:\/\/desc-wondo.org\/\">desc-wondo.org<\/a><\/em><br \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Jean-Jacques Wondo Le th\u00e9oricien et strat\u00e9giste prussien Carl Von Clausewitz \u00e9crivait dans son manuel, De la Guerre, devenu un classique dans l\u2019\u00e9tude strat\u00e9gique : \u00ab La guerre est une simple continuation de la politique par d\u2019autres moyens. 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