{"id":5712,"date":"2013-07-03T08:03:15","date_gmt":"2013-07-03T08:03:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ingeta.com\/?p=5712"},"modified":"2013-07-03T08:03:15","modified_gmt":"2013-07-03T08:03:15","slug":"la-3eme-republique-congolaise-une-democratie-tripatouillee-dans-un-etat-defaillant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/la-3eme-republique-congolaise-une-democratie-tripatouillee-dans-un-etat-defaillant\/","title":{"rendered":"La 3\u00e8me R\u00e9publique Congolaise: Une D\u00e9mocratie tripatouill\u00e9e dans un Etat d\u00e9faillant"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\tPar Jean-Jacques Wondo<\/p>\n<p><strong>Cette analyse met en lumi\u00e8re les d\u00e9faillances du r\u00e9gime politique congolais en relevant les vices de sa construction manipul\u00e9e par la mise en place insidieux d\u2019un syst\u00e8me politique d\u00e9mocratique sciemment escamot\u00e9 et susceptible d\u2019\u00eatre tripatouill\u00e9 \u00e0 l\u2019envi.<\/strong><\/p>\n<p>Depuis les \u00e9lections de 2006, la Constitution s\u2019impose comme une r\u00e9f\u00e9rence l\u00e9gale et politique incontournable en RDC. La l\u00e9gitimation du pouvoir en RDC a conduit au vote en 2006 d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum ayant adopt\u00e9 <strong>Une Constitution<\/strong> qui a consacr\u00e9 l\u2019institutionnalisation de la III<sup>\u00e8me<\/sup> R\u00e9publique. Cette Constitution a \u00e9galement \u00e9chafaud\u00e9 une nouvelle architecture du pouvoir b\u00e2ti sur des structures dont les animateurs devraient \u00eatre \u00e9lus. D\u2019autant qu\u2019apr\u00e8s 15 ans d\u2019instabilit\u00e9 sociopolitique et s\u00e9curitaire, toutes les forces politiques, militaires et sociales ont convenu, de mani\u00e8re consensuelle, que <i>l<\/i><em>e pouvoir devait \u00eatre conquis par le biais des \u00e9lections libres, d\u00e9mocratiques et transparentes. Ainsi ce pouvoir devait \u00eatre exerc\u00e9 au sein d\u2019un Etat de droit d\u00e9mocratique<\/em>.<\/p>\n<p>Les \u00e9lections ont eu lieu, m\u00eame si les conditions de leur organisation laissent \u00e0 d\u00e9sirer car ayant consacr\u00e9 afin des fraudes planifi\u00e9es et autres manipulations les rendant non transparentes et non cr\u00e9dibles, d\u2019o\u00f9 la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir de fait qui dirige aujourd\u2019hui le Congo. Il faut reconna\u00eetre cependant que ce sont l\u00e0 des acquis et une avanc\u00e9e politiques majeurs et ind\u00e9niables, comparativement aux blocages politiques des ann\u00e9es Mobutu et Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila, qui me pousse \u00e0 mettre avec humilit\u00e9 sur le compte de la nouvelle classe politique \u00e9mergeante en RDC, malgr\u00e9 ses errements d\u2019enfance. Cela constitue une des grandes valeurs ajout\u00e9es de cette Constitution qui introduit d\u00e9sormais une nouvelle philosophie et culture politique d\u2019accession ou de maintien au pouvoir par la voie des \u00e9lections libres, d\u00e9mocratiques et transparentes. Chose inimaginable sous Mobutu encore moins sous son bouillant successeur, Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila. Mais le pi\u00e8ge r\u00e9side dans le fait que cela ne suffit pas encore pour admettre que le pays est r\u00e9ellement ancr\u00e9 dans une voie d\u2019une r\u00e9elle d\u00e9mocratisation. En effet, l\u2019effet pervers de cette nouvelle philosophie d\u00e9mocratique est de remplacer l\u2019accession au pouvoir par les armes par une \u2018<i>\u00e9ternisation\u2019<\/i> au pouvoir par le tripatouillage des \u00e9lections et de la Constitution en la taillant sur mesure au gr\u00e9 du temps au profil du pr\u00e9sident sortant. Ce qui consacre un nouvel ordre politique constitutionnel caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019institutionnalisation d\u2019une <strong><em>d\u00e9mocratie tripatouill\u00e9e.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La p\u00e9riode post\u00e9lectoral de 2006 se pr\u00e9sentait plut\u00f4t comme une occasion id\u00e9ale pour les autorit\u00e9s \u00e9lues de mettre en place des m\u00e9canismes durables de consolidation de la d\u00e9mocratie, de l\u2019Etat de droit et de la paix civile. H\u00e9las, tout cela a \u00e9t\u00e9 galvaud\u00e9 par les d\u00e9mons qui hantent l\u2019Homme Congolais depuis 1960\u00a0: <em><strong>\u2018Le mal et le mal-\u00eatre Congolais\u2019<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p>En effet, la jeune III<sup>\u00e8me<\/sup> R\u00e9publique qui a suscit\u00e9 beaucoup d\u2019espoirs en 2006, vient de subir deux affronts cons\u00e9cutifs en une seule ann\u00e9e\u00a0: 2011. Le premier \u00e9tant la r\u00e9vision constitutionnelle en janvier 2011 et le second, les \u00e9lections rat\u00e9es et chaotiques de novembre 2011. Cela montre que ce nouveau r\u00e9gime, encore dans son stade de balbutiements, \u00e9prouve des difficult\u00e9s \u00e0 trouver politiquement ses rep\u00e8res en raison des fragilit\u00e9s institutionnelles li\u00e9es \u00e0 une situation sociopolitique de crise de l\u00e9gitimit\u00e9 et \u00e9conomique des plus pr\u00e9caires et instables, pour un pays en instabilit\u00e9 s\u00e9curitaire dont certains pr\u00e9alables \u00e0 la consolidation de son r\u00e9gime n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s. Ainsi, de l\u2019espoir suscit\u00e9 par la \u2018d\u00e9mocratisation\u2019 le pays replonge dans une situation semblable \u00e0 celle du d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 o\u00f9 la d\u00e9mocratie c\u00e8de le pas \u00e0 la <em><strong>dictatocratie<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019expos\u00e9 des motifs de la constitution de 2006 dit : <em>\u00ab\u00a0Depuis son ind\u00e9pendance, le 30 juin 1960, la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo est confront\u00e9e \u00e0 des crises politiques r\u00e9currentes dont l\u2019une des causes fondamentales est la contestation de la l\u00e9gitimit\u00e9 des Institutions et de leurs animateurs. Cette contestation a pris un relief particulier avec les guerres qui ont d\u00e9chir\u00e9 le pays de 1996 \u00e0 2003. En vue de mettre fin \u00e0 cette crise chronique de l\u00e9gitimit\u00e9 et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire, les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la classe politique et de la Soci\u00e9t\u00e9 civile, forces vives de la Nation, r\u00e9unis en Dialogue intercongolais, ont convenu, dans l\u2019Accord Global et Inclusif sign\u00e9 \u00e0 Pretoria en Afrique du Sud le 17 d\u00e9cembre 2002, de mettre en place un nouvel ordre politique, fond\u00e9 sur une nouvelle Constitution d\u00e9mocratique sur base de laquelle le peuple congolais puisse choisir souverainement ses dirigeants, au terme des \u00e9lections libres, pluralistes, d\u00e9mocratiques, transparentes et cr\u00e9dibles\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>La question de la l\u00e9gitimit\u00e9 des acteurs politiques au pouvoir a \u00e9t\u00e9 une des raisons essentielles ayant conduit \u00e0 l\u2019\u00e9laboration consensuelle de la Constitution vot\u00e9e en 2006, approuv\u00e9e par un referendum populaire. le fait que les derni\u00e8res \u00e9lections consacrent \u00e0 nouveau la question de l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir nous remet \u00e0 la case de d\u00e9part. C\u2019est ainsi que pour couper court \u00e0 ceux qui pr\u00e9tendent que son premier rapport ne remettait pas en cause l\u2019ordre d\u2019arriv\u00e9e des candidats, selon un extrait du premier rapport interm\u00e9diaire du dit centre auquel les officiels belges, dont le ministre belge des Affaires \u00e9trang\u00e8res, M. Didier Reynders, se sont r\u00e9f\u00e9r\u00e9 pour s\u2019empresser de reconna\u00eetre la validit\u00e9 de la r\u00e9\u00e9lection de Monsieur Kabila, le Centre Carter a ouvertement reconnu dans son <strong>rapport final<\/strong><em><strong>, l\u2019existence d\u2019une crise de l\u00e9gitimit\u00e9 et a propos\u00e9 soit de revoter ou de dialoguer afin de doter le Congo des dirigeants politiques l\u00e9gitimes vu que les \u00e9lections de novembre 2011, jug\u00e9es non cr\u00e9dibles,<\/strong><\/em> n\u2019y \u00e9taient pas parvenues.<\/p>\n<p>La <strong>dictocratie<\/strong> (ou <em>d\u00e9mocrature<\/em> selon M. Ngbanda) d\u00e9signe un r\u00e9gime qui, sous l\u2019apparence d\u2019une d\u00e9mocratie de fa\u00e7ade, fonctionne en r\u00e9alit\u00e9 comme une dictature. Une Constitution consacrant l\u2019ind\u00e9pendance des trois pouvoirs constitutionnels : L\u00e9gislatif \u2013 Ex\u00e9cutif (Pr\u00e9sidence) \u2013 Judiciaire \u2013 est en place, des \u00e9lections, souvent truqu\u00e9es et manipul\u00e9es ont lieu r\u00e9guli\u00e8rement, la libert\u00e9 d\u2019expression est garantie dans les textes l\u00e9gaux et non dans les faits, cependant les dirigeants au pouvoir en place manipulent et pervertissent ces institutions afin de se maintenir ad vitae aeternam au pouvoir et de conserver leurs privil\u00e8ges sociaux. . . C\u2019est ce que le journaliste fran\u00e7ais Vincent Huguex appelle \u00ab le mirage d\u00e9mocratique \u00bb. Pour ce dernier :<\/p>\n<p>\u00ab <em><b>O<\/b><strong>n se contente tr\u00e8s souvent en Afrique d\u2019un rituel d\u00e9mocratique qui ne correspond pas \u00e0 un enracinement d\u2019une tradition pluraliste et d\u2019alternance dans les esprits. On va employer les lexiques et les outils de la d\u00e9mocratie pour sauver les apparences<\/strong>. Et l\u2019Occident, moiti\u00e9 par na\u00efvet\u00e9 moiti\u00e9 par calcul, et au nom de la sacro-sainte stabilit\u00e9, se contente trop ais\u00e9ment de ce th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombre. Un candidat se fait \u00e9lire et puis r\u00e9\u00e9lire en usant des subterfuges : modification de la constitution visant pour l\u2019essentiel \u00e0 obtenir de briguer un mandat de plus qui est toujours un mandat de trop et le recours au scrutin \u00e0 un seul tour qui favorise le pr\u00e9sident sortant soutenu par la coalition des partis au pouvoir. Donc, on peut parfaitement maintenir l\u2019illusion d\u2019une vie d\u00e9mocratique\u00a0 avec l\u2019ouverture des partis politiques, dont la plupart de ces groupements ne sont d\u2019ailleurs que des partis satellites, mais ce n\u2019est pas \u00e7a la d\u00e9mocratie <\/em>!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em><strong>Les piliers de la d\u00e9mocratie<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019article 1er de la Constitution stipule que\u00a0: <i>\u00ab\u00a0<\/i><i>La R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo est, dans ses fronti\u00e8res du 30 juin 1960, un Etat de droit, ind\u00e9pendant, souverain, uni et indivisible, social, d\u00e9mocratique et la\u00efc\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>C\u2019est essentiellement autour de cet article que nous allons articuler notre r\u00e9flexion.<\/p>\n<p><strong>1. La R\u00e9publique<\/strong><\/p>\n<p><b><i>Le Congo est une R\u00e9publique<\/i><\/b>. Qu\u2019est-ce \u00e0 dire\u00a0? La R\u00e9publique (en latin <i>res publica<\/i>, chose publique) est \u00ab\u00a0<i>l\u2019organisation politique de la soci\u00e9t\u00e9, la chose publique<\/i>\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la reconnaissance d\u2019un int\u00e9r\u00eat \u00a0g\u00e9n\u00e9ral plac\u00e9 au dessus des int\u00e9r\u00eats particuliers. Le passage en force, politiquement et \u00e9thiquement ind\u00e9cent, de la nouvelle Constitution modifi\u00e9e rel\u00e8ve-t-il d\u2019un imp\u00e9ratif national ou d\u2018un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9ellement sup\u00e9rieur aux int\u00e9r\u00eats partisans ou inversement, cela r\u00e9sulte des calculs politiciens des enjeux \u00e9lectoraux\u00a0? Sommes-nous encore dans la logique consensuelle qui a guid\u00e9<i> l\u2019Accord Global et Inclusif sign\u00e9 \u00e0 Pretoria en 2002<\/i>. Comme si cela ne suffisait pas, apr\u00e8s la mascarade \u00e9lectorale de 2011, plut\u00f4t que concentrer son action politique \u00e0 rectifier le tir et \u00e0 travailler activement pour offrir aux populations la s\u00e9curit\u00e9 et le bien-\u00eatre socio-\u00e9conomique qui ne doit pas se r\u00e9sumer par les chiffres d\u2019une crissance \u00e9conomique st\u00e9rile socialement, voil\u00e0 le r\u00e9gime congolais d\u00e9penser \u00a0son \u00e9nergie \u00e0 chercher des voies et moyens \u2013 constitutionnels ou via des concertations populaires du type congr\u00e8s stalinien ou du comit\u00e9 central du MPR de triste m\u00e9moire \u2013 pour\u00a0 se maintenir au pouvoir, au m\u00e9pris de l\u2019esprit de la constitution de 2006.<\/p>\n<p>Au XXVIII\u00e8 si\u00e8cle, les philosophes et notamment Rousseau d\u00e9finissent la r\u00e9publique comme \u00ab\u00a0<i>t<\/i><em>out Etat r\u00e9git par des lois\u00a0<\/em>\u00bb par opposition \u00e0 la tyrannie et \u00e0 la dictature. Aujourd\u2019hui, la r\u00e9publique se d\u00e9finit comme \u00ab\u00a0<em>une forme de gouvernement o\u00f9 le pouvoir et la puissance ne sont pas d\u00e9tenus par un seul individu, et dans lequel le chef de l\u2019Etat n\u2019est pas h\u00e9r\u00e9ditaire<\/em>\u00a0\u00bb. Le Congo se dit \u00eatre une <em><strong>R\u00e9publique D\u00e9mocratique<\/strong><\/em>. La d\u00e9mocratie qui se d\u00e9finit comme \u00ab\u00a0<em>l\u2019organisation politique dans laquelle l\u2019ensemble des citoyens exerce la souverainet\u00e9\u00a0<\/em>\u00bb a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e il ya 2500 ans, \u00e0 Ath\u00e8nes dans la Gr\u00e8ce Antique, c\u2019est-\u00e0-dire dans un espace tr\u00e8s limit\u00e9, celui d\u2019une <i>cit\u00e9<\/i> qui comprenait environ 30. 000 citoyens et pendant un moment assez court, environs deux si\u00e8cles. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s les principes fondamentaux de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de la construction de l\u2019Etat de droit, cela ne peut se r\u00e9aliser que lorsque les gouvernants et les autorit\u00e9s cens\u00e9s le rendre effectif commencent par respecter la l\u00e9gislation en vigueur. L\u2019Etat de droit est demeure aujourd\u2019hui au Congo une formule incantatoire, vid\u00e9e de toute sa substance et son essence.<\/p>\n<p><strong>2. Les trois pouvoirs constitutionnels sont le socle d\u2019une d\u00e9mocratie<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9mocratie consacre trois pouvoirs fondamentaux\u00a0: L\u2019Ex\u00e9cutif (en ce compris la Pr\u00e9sidence), le L\u00e9gislatif et le judiciaire. Et pourtant aujourd\u2019hui en RDC, la d\u00e9mocratie escamot\u00e9e, repose sur un m\u00e9canisme politique asym\u00e9trique, o\u00f9 l\u2019essentiel du pouvoir est confisqu\u00e9 par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique (et ses diff\u00e9rents cabinets officiel et parall\u00e8le) et le Gouvernement auxquels sont assujettis le pouvoir l\u00e9gislatif et le judiciaire. Il suffit pour s\u2019en rendre compte de voir la mani\u00e8re dont la Constitution a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cipitamment r\u00e9vis\u00e9e en 2011. De m\u00eame, la mani\u00e8re dont la Cour Supr\u00eame de Justice s\u2019est comport\u00e9e dans le cadre des contentieux post\u00e9lectoraux de 2011 prouve \u00e0 suffisance que le pouvoir judiciaire au Congo reste inf\u00e9od\u00e9 \u00e0 l\u2019Ex\u00e9cutif et au Pr\u00e9sident. Ainsi, la derni\u00e8re mise en place des membres de la magistrature a corrobor\u00e9 le caract\u00e8re client\u00e9liste, tribaliste et perverti des interactions entre l\u2019ex\u00e9cutif et le judiciaire.<\/p>\n<p>A ces incoh\u00e9rences du r\u00e9gime <i>dictocratique<\/i> qui s\u2019installe en RDC, se greffent le syst\u00e8me \u00e9lectoral vici\u00e9 par une loi sur la CENI consacrant la politisation dans le choix de ses animateurs\u00a0;\u00a0\u00a0 suscitant des frustrations au sein de la population\u00a0; une administration inexistante, une police partisane, une arm\u00e9e des milices, la persistance de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Tout ce qu\u2019il faut pour faire de la RDC un non-Etat de droit d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p><i>2.1 <\/i><em>Un Parlement d\u00e9poss\u00e9d\u00e9<\/em><em>,<\/em> r\u00e9duit \u00e0 une caisse de r\u00e9sonance de l\u2019envi du Pr\u00e9sident. M\u00eame si la Constitution et la loi \u00e9lectorale conf\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9lecteur un pouvoir effectif sur la d\u00e9signation de ses repr\u00e9sentants, il n\u2019en faudrait pas moins que ceux-ci soient en mesure d\u2019agir en toute ind\u00e9pendance au sein du parlement afin d\u2019exercer un pouvoir de contr\u00f4le r\u00e9el sur la coalition politique au pouvoir et la politique men\u00e9e. Plusieurs analystes et observateurs de la sc\u00e8ne politique congolaise ne cessent de stigmatiser l\u2019impuissance du Parlement face au pouvoir \u00e9crasant du Pr\u00e9sident et de l\u2019Ex\u00e9cutif. Ces \u00e9l\u00e9ments de la fiction de la responsabilit\u00e9 politique du Gouvernement devant le Parlement, escamotant le fonctionnement d\u2019une d\u00e9mocratie, accentuent un dysfonctionnement structurel de l\u2019Etat, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9faillant dans son essence, son fondement, ses attributs et sa fonction. Aujourd\u2019hui, les rapports de force entre les trois pouvoirs constitutionnels sont sciemment d\u00e9form\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un m\u00e9canisme politique insidieux rendant asym\u00e9trique l\u2019\u00e9quilibre d\u00e9mocratique entre ces trois pouvoirs constitutionnels. En effet, l\u2019essentiel du pouvoir a \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9 par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique (et ses diff\u00e9rents cabinets occultes) et le Gouvernement auxquels sont assujettis les pouvoirs l\u00e9gislatif et judiciaire. Au point que la RDC se trouve dans une situation de fiction d\u00e9mocratique o\u00f9 le Parlement est devenu l\u2019antichambre du pouvoir ex\u00e9cutif, mettant \u00e0 jour, avec encore plus d\u2019acuit\u00e9 \u00e0 la suite des \u00e9lections chaotiques de 2011, sa faiblesse et son incapacit\u00e9 \u00e0 jouer son r\u00f4le de pilier d\u00e9mocratique par le contr\u00f4le effectif de l\u2019action gouvernementale et des organes de l\u2019Etat, notamment les forces de s\u00e9curit\u00e9, qui en d\u00e9pendent. En cons\u00e9quence, le r\u00f4le du Parlement reste malheureusement r\u00e9duit \u00e0 ent\u00e9riner et valider les d\u00e9cisions g\u00e9n\u00e9ralement prises ailleurs ; pratiques refl\u00e9tant la notion de \u2019parlement chambre d\u2019enregistrement\u2019. Ceci est davantage plus vrai lorsque ces d\u00e9cisions concernent les forces arm\u00e9es- et de s\u00e9curit\u00e9. Celles-ci restent le domaine r\u00e9serv\u00e9 du chef de l\u2019Etat, de ses conseillers en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, et de hauts grad\u00e9s des forces arm\u00e9es qui forment sa cour et le parlement \u00a0subit l\u2019embargo de la notion \u00ab\u00a0secret-d\u00e9fense\u00a0\u00bb, au m\u00e9pris m\u00eame du principe sacr\u00e9 du contr\u00f4le de l\u2019arm\u00e9e par le civil.<\/p>\n<p>Pour le constituant de 2005, l\u2019ind\u00e9pendance du parlement \u00e9tait la pierre angulaire de la III<sup>\u00e8me<\/sup> R\u00e9publique. Et pourtant, en sept ann\u00e9es de fonctionnement des institutions r\u00e9publicaines, l\u2019on aper\u00e7oit que le principe de la responsabilit\u00e9 politique du Gouvernement devant le Parlement a \u00e9t\u00e9 vid\u00e9 de toute sa signification originelle. Pis encore, ce qui devait \u00eatre \u00e0 l\u2019origine une possibilit\u00e9 pour le parlement de sanctionner l\u2019action du Gouvernement, dont les cas de mal gouvernance et de malversations sont l\u00e9gion, s\u2019est invers\u00e9e. Aujourd\u2019hui, les d\u00e9put\u00e9s \u2013 du pouvoir comme de l\u2019opposition &#8211;\u00a0 monnaient leurs motions de d\u00e9fiance ou les interpellations des ministres et autres gestionnaires de l\u2019Etat. Contrairement \u00e0 la p\u00e9riode Kamerhe, le Parlement sous les pr\u00e9sidences\u00a0 successives de Boshab et Minaku, tous deux juristes de surcroit- se r\u00e9duit \u00e0 un organe de ratification de projets de lois et de budgets dont la confection et les arbitrages techniques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s au niveau des cabinets parall\u00e8les de la pr\u00e9sidence et du gouvernement et d\u2019approbation des mots d\u2019ordres et autres consignes politiciens donn\u00e9s par leurs instances de parti. Ce qui fait de son pr\u00e9sident un commis du parti plus qu\u2019un homme d\u2019Etat.<\/p>\n<p>La faiblesse du Parlement et son incapacit\u00e9 \u00e0 jouer son r\u00f4le de pilier d\u00e9mocratique explique \u00e9galement l\u2019absent\u00e9isme parlementaire, relev\u00e9 r\u00e9cemment par l\u2019exclusion des opposants encombrants pour le pouvoir (Tshilombo F\u00e9lix, Ndongala Diomi\u2026) alors qu\u2019une majorit\u00e9 de d\u00e9put\u00e9s pr\u00e9sidentiels notoirement absent\u00e9istes \u00a0ne sont pas inqui\u00e9t\u00e9s\u00a0: deux poids eux mesures. Dans ces situations o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats partisans et les calculs politiciens entrent en jeu, les parlementaires deviennent alors tr\u00e8s utiles pour la coalition au pouvoir dans des activit\u00e9s parall\u00e8les et immorales o\u00f9 s\u00e9vit un client\u00e9lisme excessif\u00a0: les rencontres de motivation des parlementaires, organis\u00e9es \u00a0par le pr\u00e9sident dans sa ferme \u00e0 Kingakati avant l\u2019\u00e9lection de Boshab \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Assembl\u00e9e Nationale et avant la r\u00e9vision de la Constitution ou lors de la r\u00e9cente motion de d\u00e9fiance de Matata attestent l\u2019\u00e9tat des lieux de la d\u00e9mocratie en RDC. Dans ces conditions, la d\u00e9mocratie devient un leurre et ressemble \u00e0 un jeu d\u00e9magogique qui la condamne t\u00f4t ou tard \u00e0 un \u00e9chec.<\/p>\n<p><em>2.2 Une administration d\u00e9munie, d\u00e9moralis\u00e9e<\/em> o\u00f9 la politisation de la fonction publique par des nominations tribales o\u00f9 le Katanga et les Balubakat s\u2019arrogent la part du lion dans le gouvernement et instituions publiques\u00a0; partisanes et client\u00e9listes ou autres favoritismes (promotions canap\u00e9s) deviennent la r\u00e8gle, condamne inexorablement l\u2019Etat \u00e0 l\u2019inefficacit\u00e9. Des nominations des administrateurs dans les entreprises \u00e9tatiques ou para\u00e9tatiques ou \u00e0 la territoriale ont privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019appartenance politique ou socio-ethnique par rapport aux crit\u00e8res de comp\u00e9tence. C\u2019est le cas du pharmacien mulubakat du Katanga \u00a0Alexandre Tambo Luba qui occupe une fonction strat\u00e9gique de ministre de la D\u00e9fense dans un pays ravag\u00e9 par des conflits arm\u00e9s interminables. A cela s\u2019ajoute, l\u2019absence de toute politique prospective visant \u00e0 moderniser et optimiser le fonctionnement et la gestion de l\u2019administration publique en tant que <i>institution r\u00e9ellement au service du public<\/i> qui doit en \u00eatre le premier b\u00e9n\u00e9ficiaire et non au service du ministre ou ses repr\u00e9sentants.<\/p>\n<p><em>2.3 Un pouvoir judiciaire laiss\u00e9-pour-compte et instrumentalis\u00e9 \u00e0 outrance par l\u2019ex\u00e9cutif<\/em><\/p>\n<p>Le mal congolais s\u2019est infiltr\u00e9 dans le monde judiciaire pour s\u2019y \u00eatre confortablement install\u00e9 avec de beaux jours devant lui. Une justice qui, au lieu de devenir le gardien du syst\u00e8me constitutionnel, devient un haut temple de protection de la mal gouvernance et de la gabegie, avec des nominations fantaisistes comme la derni\u00e8re mise en place des magistrats op\u00e9r\u00e9e par le pr\u00e9sident Kabila. Que dit le pr\u00e9sident lorsqu\u2019il a impos\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Assemble Nationale en 2006, l\u2019institution-pierre angulaire du r\u00e9gime d\u00e9mocratique, son ancien directeur de cabinet, Evariste Boshab, impliqu\u00e9 dans l\u2019affaire des cr\u00e9ances de 32.000.000 $ de la SNEL, un cas av\u00e9r\u00e9 d\u2019abus de biens sociaux et de corruption sans aucune poursuite judiciaire ne soit initi\u00e9e \u00e0 son encontre\u00a0? A quoi servent la cour des comptes, la police judiciaire pr\u00e8s les parquets? L\u2019ing\u00e9rence de la Pr\u00e9sidence et du pouvoir Ex\u00e9cutif se manifeste aussi dans le limogeage, la nomination et la promotion des magistrats. Le n\u00e9potisme et la politisation obsc\u00e8nes qui perdurent \u00e0 tous les niveaux de la hi\u00e9rarchie judiciaire est indigne d\u2019un Etat de droit. Il est inacceptable que dans un syst\u00e8me pr\u00f4nant s\u00e9paration des pouvoirs, le pouvoir judicaire soit enti\u00e8rement inf\u00e9od\u00e9 \u00e0 l\u2019Ex\u00e9cutif. De plus, le pouvoir judiciaire est astreint \u00e0 travailler dans des conditions souvent archa\u00efques, ne disposant rarement de l\u2019infrastructure \u00e9l\u00e9mentaire en mati\u00e8re de logistique, bureautique, b\u00e2timents, moyens de communication, sans parler de leurs salaires dont le pr\u00e9sident nous a fait r\u00e9cemment preuve de sa grande ignorance en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>3. Les \u00e9lections libres, transparentes et cr\u00e9dibles constituent un autre pilier de la d\u00e9mocratie<\/strong><\/p>\n<p>Elles constituent un m\u00e9canisme permettant de concilier l\u2019expression de choix collectifs sur des th\u00e8mes concrets, la viabilit\u00e9 et la continuit\u00e9 de l\u2019Etat. La d\u00e9mocratie en RDC est appel\u00e9e \u00e0 \u00eatre repr\u00e9sentative et participative et les \u00e9lections doivent en constituer l\u2019\u00e9l\u00e9ment pivot. On ne peut analyser le fonctionnement des institutions dans une d\u00e9mocratie sans proc\u00e9der au pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019examen du m\u00e9canisme permettant la l\u00e9gitimation du pouvoir qu\u2019est le syst\u00e8me \u00e9lectoral. Or la confusion et la tension qui ont entour\u00e9 les r\u00e9visions de la Constitution et de la loi \u00e9lectorale et l\u2019organisation des scrutins de 2011 ne cessent de cr\u00e9er un climat politique de grande suspicion politique. Cette ambiance politique \u00e9chaud\u00e9e, exacerb\u00e9e notamment par les tentatives d\u2019une nouvelle r\u00e9vision de l\u2019article 220 de la Constitution, pr\u00e9sente une forte probabilit\u00e9 d\u2019amplifier crise politique \u00e0 laquelle personne ne sera en mesure d\u2019en mesurer les cons\u00e9quences.<\/p>\n<p><strong><em>Conclusion<\/em><\/strong><\/p>\n<p>D\u2019une ind\u00e9pendance acquise dans l\u2019impr\u00e9paration \u00e0 une d\u00e9mocratie mal con\u00e7ue et mal d\u00e9marr\u00e9e \u2013 entrecoup\u00e9es par des p\u00e9riodes d\u2019instabilit\u00e9 politique et de conflits arm\u00e9s \u2013 ainsi que d\u2019une conception de l\u2019exercice du pouvoir h\u00e9rit\u00e9e de l\u2019\u00e9poque coloniale et des trente-deux ans de mobutisme\u00a0; \u00a0le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique d\u00fb principalement \u00e0 l\u2019inexistence de l\u2018Etat, ne fait que s\u2019accentuer en RDC. L\u2019exp\u00e9rience d\u00e9mocratique actuelle mal amorc\u00e9e montre ses limites. Le jeune syst\u00e8me semble s\u2019enrayer et \u00e9prouve des difficult\u00e9s de tourner d\u00e9finitivement la page du mod\u00e8le dictatorial. L\u2019absence de l\u2019Etat et la corruption galopante en sont des illustrations. L\u2019\u00e9lite politique congolaise continue \u00e0 \u00e9prouver des difficult\u00e9s \u00e0 proposer au peuple un mod\u00e8le de gestion de la chose publique devant lui procurer le bien \u00eatre int\u00e9gral\u00a0; tant les racines du mal sont ancr\u00e9es. Dans la situation actuelle, dans <b><i>un contexte post-\u00e9lectoral bellig\u00e8ne<\/i><\/b>, c\u2019est la substance m\u00eame du principe de l\u2019Etat d\u00e9mocratique, acquis aux prix des r\u00e9bellions r\u00e9currentes et des dictatures, qui risque de se d\u00e9sint\u00e9grer si l\u2019on n\u2019y prend pas garde d\u2019ouvrir une nouvelle p\u00e9riode d\u2019instabilit\u00e9 politique \u00a0qui va encore ramener le Congo quelques d\u00e9cennies en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>La non tenue des promesses \u00e9lectorales par les d\u00e9tenteurs du pouvoir, <i>l<\/i><em>a d\u00e9rive de la gestion publique, la paup\u00e9risation croissante de la majorit\u00e9 des couches sociales congolaises malgr\u00e9 les avanc\u00e9es macro\u00e9conomiques induites par la croissance conjoncturelle <\/em>&#8211; il suffit de voir les derniers classements de la RDC dans les diff\u00e9rents rapports internationaux sur les conditions de vie socio\u00e9conomiques et politiques pour s\u2019en rendre compte \u2013 <em>et l\u2019annonce des probables tripatouillages de la Constitution et des \u00e9lections vont certainement pousser beaucoup de congolais \u00e0 de nouvelles formes d\u2019incivisme et d\u2019indignation, qui pourraient prendre des proportions impr\u00e9visibles<\/em>. Et le Katanga est d\u00e9j\u00e0 en \u00e9bullition. La mis\u00e8re est tellement profonde qu\u2019elle risque de former un cocktail explosif avec une situation post\u00e9lectorale sous tension ayant g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une crise de l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir en place et qui se d\u00e9t\u00e9riore progressivement avec la situation s\u00e9curitaire de l\u2019Est depuis l\u2019Ituri en descendant pas les deux Kivu pour atteindre le Katanga o\u00f9 les Bakata\u00a0 Katanga, soutenus implicitement par l\u2019Unafec de Kyungu et par John Numbi tiennent \u00e0 l\u2019autonomie de leur province. De plus, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019opulence et des richesses amass\u00e9es sans vergogne et frauduleusement par des politiciens au pouvoir , des opposants corrompus (le cas des d\u00e9put\u00e9s MLC par exemple) et des mandataires publics, il y a une grande pauvret\u00e9 et un malaise social indescriptibles au sein de l\u2019ensemble de la population. La d\u00e9brouillardise, autrefois ironiquement connue sous la d\u00e9nomination\u00a0: <i>\u00ab\u00a0<\/i><em>article 15<\/em>\u00a0\u00bb, ne suffit plus pour soulager un tant soit peu le <i>mal-\u00eatre<\/i> quotidien des congolais. Les honneurs et la richesse s\u2019acqui\u00e8rent au d\u00e9triment de l\u2019Etat et du peuple, d\u00e9pouill\u00e9s de tout. Les performances macro-\u00e9conomiques, par la croissance \u00e9conomique, r\u00e9alis\u00e9es par le Gouvernement Matata ne se r\u00e9percutent pas sur le panier de la m\u00e9nag\u00e8re.<\/p>\n<p>Le congolais n\u2019est plus dupe depuis qu\u2019il a appris \u00e0 faire valoir son droit d\u2019\u00e9lecteur pris en otage par les fraudes \u00e9lectorales de novembre 2011. Il observe et enregistre. M\u00eame s\u2019il ne semble rien comprendre aux manipulations politiciennes de toute forme, il semble par contre int\u00e9rioriser que les choses doivent imp\u00e9rativement changer dans la bonne direction. L\u2019Etat de droit d\u00e9mocratique factice qui caract\u00e9rise le r\u00e9gime politique actuel ne r\u00e9sistera pas \u00e0 l\u2019indignation et \u00e0 la volont\u00e9 populaire qui appelle <em>un changement de cap audacieux, patriotique et responsable. <\/em><strong>Les \u00e9meutes de janvier 1959 ainsi que les pillages de 1991 et 1993 sont l\u00e0 pour nous rappeler que l\u2019on ne manipule pas ind\u00e9finiment un peuple<\/strong>.<\/p>\n<p>La question que je pose aux lecteurs de cette r\u00e9flexion est celle de savoir si les \u00e9lections en 2006 et 2011 ont-elles r\u00e9ellement contribu\u00e9 \u00e0 consolider la coh\u00e9sion nationale, la paix civile, la D\u00e9mocratie et l\u2019Etat de droit; et \u00e0 amorcer une r\u00e9elle dynamique de reconstruction du tissu socio-\u00e9conomique de la RDC par la bonne gouvernance ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Jean-Jacques Wondo Omanyundu<\/em><br \/>\nAnalyste \u00a0des questions politiques et s\u00e9curitaires du Congo<br \/>\nLire toutes ses analyses sur <a href=\"http:\/\/desc-wondo.org\">desc-wondo.org<\/a>\t\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Jean-Jacques Wondo Cette analyse met en lumi\u00e8re les d\u00e9faillances du r\u00e9gime politique congolais en relevant les vices de sa construction manipul\u00e9e par la mise en place insidieux d\u2019un syst\u00e8me politique d\u00e9mocratique sciemment escamot\u00e9 et susceptible d\u2019\u00eatre tripatouill\u00e9 \u00e0 l\u2019envi. 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