{"id":3832,"date":"2012-08-09T13:27:34","date_gmt":"2012-08-09T13:27:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ingeta.com\/?p=3832"},"modified":"2012-08-09T13:27:34","modified_gmt":"2012-08-09T13:27:34","slug":"general-mukobo-il-faut-un-changement-a-la-tete-du-pays","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/general-mukobo-il-faut-un-changement-a-la-tete-du-pays\/","title":{"rendered":"G\u00e9n\u00e9ral Mukobo: &#8220;Il faut un changement \u00e0 la t\u00eate du pays.&#8221;"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><em>Source : Congoindependant.com<\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><em><strong>Ag\u00e9 de 75 ans, natif de la Province de Bandundu, le g\u00e9n\u00e9ral Paul Mukobo Mundende garde une forme physique &#8220;quasi-olympique&#8221;. Connu pour son franc-parler, Mukobo a eu une carri\u00e8re militaire en dents de scie. Accus\u00e9 d\u2019avoir foment\u00e9 une \u00abtentative de coup d\u2019Etat\u00bb, il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en rel\u00e9gation avant d\u2019\u00eatre r\u00e9habilit\u00e9 en 1991. Commandant de la Division Kamanyola, commandant de la 7\u00e8me R\u00e9gion militaire \u00e0 l\u2019Equateur, chef d\u2019\u00e9tat-major des forces terrestres, chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral adjoint des F.A.Z (d\u00e9cembre 1996 &#8211; mai 1997). Depuis le 15 mai 1997, le G\u00e9n\u00e9ral vit en exil. Il s\u2019en explique. Il jette par ailleurs un regard tr\u00e8s critique sur l\u2019arm\u00e9e za\u00efro-congolaise tant sous Mobutu Sese Seko que les deux Kabila. <\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comment pourrait-on vous pr\u00e9senter?<\/strong><\/p>\n<p>A ceux qui ne me connaissent pas, il faut leur dire que je suis le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e Mukobo Paul. J\u2019ai fait, de 1960 \u00e0 1964, des \u00e9tudes militaires en Belgique. Je suis par la suite rentr\u00e9 au Congo o\u00f9 j\u2019ai exerc\u00e9 des fonctions au sein de l\u2019arm\u00e9e nationale. Je suis le tout premier Congolais &#8211; avec vingt et un autres compatriotes mais aussi des Rwandais et des Burundais &#8211; \u00e0 entamer des \u00e9tudes \u00e0 l\u2019Ecole royale militaire (ERM).<\/p>\n<p><strong>Auriez-vous encore souvenance des noms de certains de vos camarades de l\u2019\u00e9poque ?<\/strong><\/p>\n<p>Je me souviens de plusieurs noms : Ipoma Jean, Lemans Jean, Pongo Cyrille, Kalonga Dominique, Omba Raymond et moi-m\u00eame. Les autres venaient de l\u2019Ecole des pupilles de Luluabourg (Kananga) ou Ecole royale des cadets : Elela Paul, Eluki Tito, Ngomba Timoth\u00e9e, Kasongo Jean, Kabengele, Ndjate Samuel. Il y avait deux Rwandais : Makuza et Ndayimano Fabien. C\u00f4t\u00e9 burundais, il y avait : Michel Michombero &#8211; qui deviendra pr\u00e9sident de la R\u00e9publique burundaise -, Ntongomburani J\u00e9r\u00f4me, Karerolo Charles.<\/p>\n<p><strong>Quelle \u00e9tait votre sp\u00e9cialit\u00e9? <\/strong><\/p>\n<p>Ma sp\u00e9cialit\u00e9 est l\u2019Ordonnance. C\u2019est \u00e0 dire r\u00e9parateur des v\u00e9hicules, de l\u2019armement et munitions. Je ne suis pas un fantassin de formation. J\u2019appartiens \u00e0 l\u2019\u00abarme technique\u00bb. Aujourd\u2019hui, on ne fait plus de distinction entre Ordonnance, G\u00e9nie et Transmissions. A l\u2019ERM, nous avons fait des exercices de chef de peloton d\u2019infanterie. De 1965 \u00e0 1966, on a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la formation de deux premiers bataillons. Un bataillon d\u2019infanterie et un bataillon commando.<\/p>\n<p><strong>Sans vouloir aller du coq \u00e0 l\u2019\u00e2ne, vous avez eu \u00e0 commander la Division Kamanyola\u2026<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est mon avant dernier poste. Gr\u00e2ce au g\u00e9n\u00e9ral Boteti, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 promu au grade de G\u00e9n\u00e9ral pour diriger cette Unit\u00e9 de 1982 \u00e0 1984. J\u2019ai par la suite assum\u00e9 l\u2019int\u00e9rim du g\u00e9n\u00e9ral Yeka \u00e0 la t\u00eate de la 1\u00e8re r\u00e9gion militaire. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019il y a eu la guerre de Moba, au Nord Katanga. Je me suis rendu \u00e0 Kalemie pour diriger les op\u00e9rations.<\/p>\n<p><strong>A Moba, vous avez fait la guerre aux gu\u00e9rilleros du PRP d\u2019un certain Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Effectivement.<\/p>\n<p><strong>Du c\u00f4t\u00e9 des Forces arm\u00e9es za\u00efroises, il y avait notamment le colonel Malutama\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Il y avait les colonels Malutama et Nsoki. Tous les deux \u00e9taient mes adjoints \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 j\u2019assumais l\u2019int\u00e9rim du chef d\u2019\u00e9tat-major de la Force terrestre.<\/p>\n<p><strong>Les deux officiers sont \u00abport\u00e9s disparus\u00bb depuis cette guerre\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Un moment donn\u00e9, on n\u2019a plus eu de leurs nouvelles. Je reconnais avoir envoy\u00e9 ces officiers sur le terrain afin de voir ce qui se passait dans la r\u00e9gion de Kalemie. Ils sont partis \u00e0 bord d\u2019un petit a\u00e9ronef pilot\u00e9 par un Canadien. Ils ont commis l\u2019erreur d\u2019atterrir \u00e0 Moba qui \u00e9tait entre les mains des rebelles. Les deux officiers ont \u00e9t\u00e9 pris en otage et ex\u00e9cut\u00e9s sur-le-champ. On n\u2019a jamais retrouv\u00e9 leurs corps. Les rebelles Kanambi et Marandura se trouvaient au moment des faits \u00e0 Moba. Le chef rebelle Laurent Kabila avait \u00e0 l\u2019\u00e9poque trois lieutenants : Kanambi, Marandura et le \u00abg\u00e9n\u00e9ral\u00bb Kalis. Ce dernier se trouvait \u00e0 Wimbi. Ce sont ces trois hommes qui peuvent fournir des informations sur le sort de ces deux officiers.<\/p>\n<p><strong>Vous avez \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 en 1987 d\u2019avoir ourdi un \u00abcomplot\u00bb en vue de renverser le pr\u00e9sident Mobutu. Quelle est votre part de v\u00e9rit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un \u00abfaux bruit\u00bb. En 1984, le chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral de la Force terrestre de l\u2019arm\u00e9e belge avait invit\u00e9 son homologue za\u00efrois qui \u00e9tait alors le g\u00e9n\u00e9ral Eluki \u00e0 effectuer une visite officielle en Belgique. Lorsque la guerre de Moba a \u00e9clat\u00e9, le pr\u00e9sident Mobutu a annul\u00e9 ce voyage. Il se fait qu\u2019\u00e0 la fin des op\u00e9rations au Nord Katanga, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la Force terrestre. En 1986, la partie belge a renouvel\u00e9 son invitation. C\u2019est finalement moi qui accomplira ce d\u00e9placement en compagnie de deux officiers dont l\u2019actuel g\u00e9n\u00e9ral Dieudonn\u00e9 Kayembe Mbandakulu. A l\u2019issue de ma visite, mon coll\u00e8gue belge et le ministre de la D\u00e9fense d\u2019alors, Fran\u00e7ois-Xavier de Donn\u00e9a, m\u2019ont demand\u00e9 ce que la Belgique pouvait faire pour mon pays. \u00abC\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des FAZ ou au minist\u00e8re de la D\u00e9fense de mon pays qu\u2019il faudrait poser cette question\u00bb, ai-je r\u00e9pondu \u00e0 mes interlocuteurs. J\u2019ajouterai : \u00abQuant \u00e0 moi, j\u2019ai besoin de plusieurs armes pour des exercices de tir \u00e0 balles r\u00e9elles au Centre d\u2019instruction de Kitona\u00bb. Il m\u2019a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 100 fusils Mauser, 100.000 cartouches et quatre mortiers \u00e0 120 mm. Il s\u2019agit des armes qui ont servi lors de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Ces armes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionn\u00e9es au Congo par mon officier \u00abS4\u00bb, charg\u00e9 de la logistique \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major de la Force terrestre. C\u2019\u00e9tait le colonel Lisalo.<\/p>\n<p><strong>Et apr\u00e8s ?<\/strong><\/p>\n<p>Un jour, je vois le g\u00e9n\u00e9ral Norbert Likulia Bolongo, alors secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 la D\u00e9fense, surgir \u00e0 mon bureau. Il me dit : \u00abVous avez re\u00e7u des armes\u00bb. \u00abQuelles armes ?\u00bb, ai-je r\u00e9agi. \u00abLes armes qui sont venues de la Belgique\u00bb, r\u00e9pliqua-t-il. Je lui ai relat\u00e9 la gen\u00e8se de ce don. Il me dit : \u00abLe Pr\u00e9sident est tr\u00e8s m\u00e9content de cette histoire\u00bb. \u00abJe vous ai pourtant transmis un rapport avec la liste de toutes les armes\u00bb, ajoutais-je. \u00abC\u2019est tr\u00e8s grave ! Nous allons demander au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ce qu\u2019il en pense\u00bb, conclut le secr\u00e9taire d\u2019Etat Likulia.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9tiez donc victime d\u2019une cabale\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Absolument ! C\u2019\u00e9tait une cabale. \u00abQuelqu\u2019un\u00bb m\u2019en voulait. Pourquoi ? Selon mes informations, le pr\u00e9sident Mobutu aurait voulu me nommer au poste de secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 la D\u00e9fense nationale. Cette perspective n\u2019enchantait pas certains officiers particuli\u00e8rement le secr\u00e9taire d\u2019Etat de l\u2019\u00e9poque et le g\u00e9n\u00e9ral Singa Boyenge. Ce poste \u00e9tait \u00abr\u00e9serv\u00e9\u00bb aux natifs de la province de l\u2019Equateur et de la Province Orientale. J\u2019allais donc \u00eatre le tout premier officier issu d\u2019une autre r\u00e9gion \u00e0 occuper ce poste. Ceux qui connaissent ma rigueur ont vite fait de torpiller cette \u00e9ventualit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Etes-vous entrain de sous-entendre que le tribalisme et le r\u00e9gionalisme ont sap\u00e9 la coh\u00e9sion et l\u2019esprit de corps au sein des Forces arm\u00e9es za\u00efroises ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, c\u2019est certain ! C\u2019est \u00e7a le mal qui a gangren\u00e9 l\u2019arm\u00e9e za\u00efro-congolaise et qui affecte toutes les arm\u00e9es africaines. Le tribalisme a jou\u00e9 un r\u00f4le primordial dans la destruction de notre arm\u00e9e.<\/p>\n<p><strong> A quand, selon vous, date le commencement de cette \u00abtribalisation\u00bb?<\/strong><\/p>\n<p>La tribalisation a commenc\u00e9 avec la cr\u00e9ation par le pr\u00e9sident Mobutu d\u2019une unit\u00e9 sp\u00e9ciale charg\u00e9e de sa s\u00e9curit\u00e9 personnelle d\u00e9nomm\u00e9e \u00abBrigade a\u00e9roport\u00e9e renforc\u00e9e\u00bb (BAR). Cette brigade \u00e9tait dirig\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Bumba Moaso Djogi. La grande majorit\u00e9 des hommes de troupe venait de la province de l\u2019Equateur. Il en est de m\u00eame des officiers. La grande majorit\u00e9 de ces officiers n\u2019avait pas la formation requise mais avaient le \u00abm\u00e9rite\u00bb de parler la m\u00eame \u00ablangue du village\u00bb dans l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Que r\u00e9pondez-vous \u00e0 ceux qui clament que l\u2019arm\u00e9e za\u00efro-congolaise n\u2019a jamais gagn\u00e9 une guerre ?<\/strong><\/p>\n<p>Elle n\u2019a jamais gagn\u00e9 une guerre ! Un moment donn\u00e9, nos hommes de troupe \u00e9taient d\u2019excellents combattants. C\u2019est l\u2019encadrement qui faisait d\u00e9faut. La raison est simple : les officiers charg\u00e9s de commander la troupe n\u2019avaient pas la formation ad\u00e9quate. Ceux qui \u00e9taient form\u00e9s se tournaient les pouces. Par exemple, le g\u00e9n\u00e9ral Bumba n\u2019acceptait pas des cadres dans son entourage. Il redoutait qu\u2019on conteste son autorit\u00e9 et surtout son grade. L\u2019arm\u00e9e a connu une sorte de \u00abguerre perp\u00e9tuelle\u00bb entre les officiers issus de la Force publique &#8211; l\u2019arm\u00e9e coloniale &#8211; et ceux sortis des grandes \u00e9coles et acad\u00e9mies militaires. Il y a des officiers qui se contentaient d\u2019arborer le titre de \u00abcommandant de..\u00bb sans mettre en application les r\u00e8glements militaires.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019entendez-vous par appliquer les r\u00e8glements militaires ?<\/strong><\/p>\n<p>Visiter les officiers, travailler avec les hommes de troupe et conna\u00eetre leur \u00abmoral\u00bb, c\u2019est \u00e7a appliquer les r\u00e8glements militaires.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 ou plac\u00e9 en r\u00e9sidence surveill\u00e9e suite \u00e0 l\u2019affaire des \u00ab armes belges\u00bb?<\/strong><\/p>\n<p>(Rires). J\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et traduis devant le \u00abConseil de discipline\u00bb pr\u00e9sid\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Singa Boyenge. Un \u00ab jugement \u00bb a \u00e9t\u00e9 rendu. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en rel\u00e9gation durant quatre ans \u00e0 Isangi dans la Province Orientale.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous de la rancoeur ? <\/strong><\/p>\n<p>Ranc\u0153ur vis-\u00e0-vis de qui ? J\u2019ai \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9 sans conna\u00eetre la raison. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 dans les m\u00eames conditions. Personne ne m\u2019a expliqu\u00e9 la raison de ma lib\u00e9ration. \u00abQuelqu\u2019un\u00bb a fait des d\u00e9marches pour que je rencontre le pr\u00e9sident Mobutu qui m\u2019a re\u00e7u \u00e0 Nsele. Le chef de l\u2019Etat m\u2019a dit : \u00abG\u00e9n\u00e9ral Mukobo, il peut arriver qu\u2019un Chef prenne une d\u00e9cision sur base des informations erron\u00e9es. Oubliez, ce qui s\u2019est pass\u00e9, vous allez r\u00e9int\u00e9grer les forces arm\u00e9es et b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019avancement en grade\u00bb. C\u2019est ainsi que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 promu g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 \u00e9tiez-vous lorsque l\u2019AFDL faisait sa joyeuse entr\u00e9e, le 17 mai 1997, \u00e0 Kinshasa ? <\/strong><\/p>\n<p>Quand la guerre a commenc\u00e9 fin septembre 1996, je me trouvais \u00e0 Mbandaka en tant \u00abcommandant r\u00e9gion\u00bb. Lorsque le vent a tourn\u00e9 en faveur de l\u2019AFDL, le pr\u00e9sident Mobutu a nomm\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral Donatien Mahele Lieko, chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des FAZ, en remplacement du g\u00e9n\u00e9ral Eluki. Mahele a fait appel \u00e0 moi pour \u00eatre son adjoint. Le 27 d\u00e9cembre 1996, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral adjoint. J\u2019ai suivi cette guerre de pr\u00e8s. C\u2019est un secret de Polichinelle de r\u00e9v\u00e9ler ici que le chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des FAZ \u00abtravaillait\u00bb pour LD Kabila.<\/p>\n<p><strong>D\u2019aucuns pourraient r\u00e9torquer que le g\u00e9n\u00e9ral Mahele n\u2019est plus l\u00e0 pour se d\u00e9fendre\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Il peut ne plus \u00eatre l\u00e0 pour se d\u00e9fendre mais les r\u00e9sultats parlent d\u2019eux-m\u00eames. Le jour o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 abattu \u00e0 Kinshasa, les militaires de la Division sp\u00e9ciale pr\u00e9sidentielle (DSP) ont commenc\u00e9 par le chahuter en l\u2019accusant d\u2019\u00eatre un \u00abtra\u00eetre\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Que s\u2019est-il ce 16 mai 1997 au Camp Tshatshi?<\/strong><\/p>\n<p>Le 16 mai 1997, le g\u00e9n\u00e9ral Mahele se trouvait, d\u00e8s 16 heures, \u00e0 Brazzaville. Il \u00e9tait en route pour Lusaka, en Zambie, pour rencontrer Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila. Je me trouvais \u00e0 Impfondo au Congo-Brazzaville pour fuir les troupes de l\u2019AFDL.<\/p>\n<p><strong>Vous avez donc quitt\u00e9 le pays le 16 mai ?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis parti du pays d\u00e8s le 15 mai au soir.<\/p>\n<p><strong>Le pr\u00e9sident Mobutu se trouvait encore \u00e0 Kinshasa\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Effectivement.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi \u00eates-vous parti ? Etiez-vous menac\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>(Sourires). Tout militaire ne peut que se sentir menac\u00e9 d\u00e8s lors que ses troupes ne savent plus combattre. Lorsque vous avez perdu la guerre, vous avez le choix entre fuir l\u2019ennemi ou mourir.<\/p>\n<p><strong>Revenons \u00e0 la journ\u00e9e fatidique du 16 mai 1997 au Camp Tshatshi\u2026 <\/strong><\/p>\n<p>Comme je l\u2019ai dit, le g\u00e9n\u00e9ral Mahele se trouvait \u00e0 Brazzaville. Il re\u00e7oit un appel t\u00e9l\u00e9phonique du Premier ministre Norbert Likulia. Celui-ci lui demande d\u2019aller imm\u00e9diatement au Camp Tshatshi pour \u00ab calmer \u00bb les militaires qui projetaient de piller la ville de Kinshasa. Rentr\u00e9 dans la capitale vers 18 heures, Mahele s\u2019est rendu imm\u00e9diatement au Camp Tshatshi. Le g\u00e9n\u00e9ral Wezago qui \u00e9tait le commandant en second de la DSP a r\u00e9uni les militaires pour \u00e9couter l\u2019adresse du chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des FAZ. D\u00e8s que le g\u00e9n\u00e9ral Mahele a pris la parole, les militaires ont commenc\u00e9 \u00e0 faire du chahut : \u00abNous ne vous \u00e9couterons pas. Vous avez trahi l\u2019arm\u00e9e, vous ne sortirez pas vivant de ce lieu\u00bb. Ce sont des officiers de la DSP m\u2019ont rapport\u00e9 ces faits. Wezago est intervenu sans succ\u00e8s pour raisonner les protestataires. Une r\u00e9ponse fuse quasiment en choeur : \u00ab Jamais ! Il a trahi. Il ne sortira pas vivant de ce Camp\u00bb. Chaque fois que Mahele tentait de prendre la parole, les militaires le huaient. Apr\u00e8s avoir compris que le dialogue \u00e9tait impossible, il d\u00e9cide de quitter le camp et prend place dans son v\u00e9hicule. Arriv\u00e9 \u00e0 la barri\u00e8re, celle-ci restait ferm\u00e9e. Il demande au pr\u00e9pos\u00e9 d\u2019ouvrir la barri\u00e8re. R\u00e9ponse : \u00abPas question !\u00bb. Un des militaires lance en lingala : \u00abBobete ye masasi\u00bb. (Traduction : abattez-le). Plusieurs balles frappent aussit\u00f4t le v\u00e9hicule du G\u00e9n\u00e9ral. \u00abAllez voir s\u2019il est mort \u00bb, dit un des militaires. Mahele n\u2019est pas dans le v\u00e9hicule. Des militaires le d\u00e9couvrent en dessous de l\u2019engin. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9. J\u2019ai appris cette version des faits alors que je me trouvais \u00e0 Lisala au moment o\u00f9 Jean-Pierre Bemba et ses troupes menaient la lutte contre LD Kabila.<\/p>\n<p><strong>Vous avez donc servi dans le Mouvement de lib\u00e9ration du Congo de Jean-Pierre Bemba ?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai travaill\u00e9 en connivence avec Bemba et le g\u00e9n\u00e9ral Kpama Baramoto. La collaboration a \u00e9t\u00e9 impossible. Bemba a \u00e9t\u00e9 un chef tr\u00e8s ambitieux. Il supportait difficilement la pr\u00e9sence des g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Il redoutait qu\u2019on lui arrache le \u00ab pouvoir \u00bb. C\u2019est ainsi qu\u2019il s\u2019est entendu avec le pr\u00e9sident ougandais pour nous rappeler \u00e0 Kampala. Ainsi, Bemba pouvait continuer sa guerre avec les soldats ougandais.<\/p>\n<p><strong>Quelle est votre r\u00e9action suite au traitement inflig\u00e9 aux militaires et officiers des FAZ par le r\u00e9gime des Kabila ? On parle d\u2019internement dans un \u00abcamp de concentration\u00bb \u00e0 Kitona et de plusieurs centaines de militaires d\u00e9tenus encore aujourd\u2019hui \u00e0 Makala\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Je dois dire que le pr\u00e9sident LD Kabila a commis une erreur monumentale \u00e0 son arriv\u00e9e au pouvoir. Il a commis l\u2019erreur de n\u2019avoir pas int\u00e9gr\u00e9 les soldats qu\u2019il a trouv\u00e9s dans la nouvelle arm\u00e9e. Une nouvelle arm\u00e9e ne se cr\u00e9\u00e9 par du jour au lendemain. Les militaires ne sont pas responsables des dysfonctionnements ayant affect\u00e9 l\u2019arm\u00e9e. Comme dans beaucoup des pays africains, les militaires za\u00efro-congolais \u00e9taient abandonn\u00e9s \u00e0 leur triste sort. L\u2019arm\u00e9e a connu beaucoup de d\u00e9boires apr\u00e8s la cr\u00e9ation de la Division Kamanyola en 1975. Apr\u00e8s \u00ab Kamanyola \u00bb, la Division sp\u00e9ciale pr\u00e9sidentielle a vu le jour. Ces \u00ab Divisions\u00bb n\u2019avaient de division que le nom. C\u2019\u00e9tait des unit\u00e9s qui n\u2019avaient re\u00e7u aucune formation militaire. La DSP, dirig\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Nzimbi Ngbale, regroupait essentiellement des Ngbandi. Nzimbi ne savait ni lire ni \u00e9crire. Je le dis \u00e0 haute voix. Tous les officiers form\u00e9s affect\u00e9s \u00e0 la DSP ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s. On peut citer le cas typique du colonel Prosper Nabyola, promu g\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019arm\u00e9e de Kabila. Tr\u00e8s intelligent et comp\u00e9tent, Nabyola \u00e9tait officier \u00abS3\u00bb dans la DSP. Chaque fois qu\u2019il donnait son point de vue, il heurtait Nzimbi. Par ailleurs, la discipline a fait d\u00e9faut du fait du favoritisme dans les avancements en grade.<\/p>\n<p><strong>Sans vouloir aller du coq \u00e0 l\u2019\u00e2ne, comment avez-vous accueilli la nouvelle de la nomination d\u2019un officier rwandais, en l\u2019occurrence James Kabarebe, \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e congolaise en mai 1997?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une d\u00e9ception totale. Il reste que c\u2019est Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila qui est condamnable et non Kabarebe. LD Kabila savait pertinemment bien qu\u2019il y avait des officiers bien form\u00e9s dans les Forces arm\u00e9es za\u00efroises. Il n\u2019a pas voulu les utiliser. Il s\u2019est entendu avec le g\u00e9n\u00e9ral Mahele pour prendre le pouvoir. Je peux vous assurer que sans le concours du g\u00e9n\u00e9ral Mahele, les troupes de Kabila n\u2019allaient pas arriver \u00e0 Kinshasa. C\u2019est la complicit\u00e9 de Mahele qui a ouvert la voie aux troupes de l\u2019AFDL. Je vais vous expliquer. Lorsque j\u2019ai pris mes fonctions de chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral adjoint, en d\u00e9cembre 1996, j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Mahele de me pr\u00e9senter aux autres officiers. Il ne l\u2019a pas fait. Je me suis pr\u00e9sent\u00e9 moi-m\u00eame lors d\u2019une r\u00e9union que devait pr\u00e9sider le g\u00e9n\u00e9ral Mahele. Lors de cette rencontre, j\u2019ai pos\u00e9 la question suivante : \u00abQue devons-nous faire pour arr\u00eater la guerre ?\u00bb M\u2019adressant aux officiers d\u2019\u00e9tat-major, au chef du personnel, au chef des op\u00e9rations ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019officier des renseignements\u00bb, j\u2019ai pos\u00e9 une deuxi\u00e8me question : \u00ab Quelle est la force de l\u2019ennemi ? \u00bb. Personne ne m\u2019a r\u00e9pondu. Au colonel Bahindwa qui \u00e9tait le responsable du \u00abBureau 3\u00bb, charg\u00e9 des op\u00e9rations, j\u2019ai demand\u00e9 le nombre des soldats d\u00e9ploy\u00e9s sur le terrain. Il me r\u00e9pond : \u00abNous avons des \u00ab\u00e9l\u00e9ments\u00bb de la DSP, de la Garde civile, de la gendarmerie et de la Force terrestre\u00bb. Je suis revenu \u00e0 la charge en demandant au colonel Bahindwa de m\u2019expliquer ce qu\u2019il entendait par \u00ab\u00e9l\u00e9ments\u00bb. \u00ab Quelle est la force d\u2019un \u00e9l\u00e9ment ? Quand vous dites que nous avons un \u00e9l\u00e9ment de la DSP, cela repr\u00e9sente combien d\u2019hommes?\u00bb. Pour toute r\u00e9ponse, il dit : \u00abMon g\u00e9n\u00e9ral, nayebi te !\u00bb. Je ne sais pas. \u00abCombien des bataillons, l\u2019ennemi aligne face \u00e0 nous ?\u00bb, ai-je demand\u00e9 \u00e0 l\u2019officier des renseignements. Il m\u2019a regard\u00e9 sans r\u00e9pondre \u00e0 ma question. M\u2019adressant aux officiers pr\u00e9sents, je dis : \u00abA quoi jouons-nous ?\u00bb. Le g\u00e9n\u00e9ral Marcellin Lukama, alors colonel et chef de Bureau \u00abEtudes\u00bb, de r\u00e9agir : \u00abMon g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est la toute premi\u00e8re fois que nous participons \u00e0 une r\u00e9union qui concerne les op\u00e9rations en cours \u00e0 l\u2019Est\u00bb. J\u2019apprendrai par ailleurs que les g\u00e9n\u00e9raux avaient l\u2019habitude de se r\u00e9unir entre eux pour parler de la situation \u00e0 l\u2019Est. La guerre a commenc\u00e9 fin septembre 1996, la premi\u00e8re r\u00e9union n\u2019a eu lieu que fin d\u00e9cembre en ma pr\u00e9sence. J\u2019ai obtenu l\u2019autorisation du g\u00e9n\u00e9ral Mahele pour descendre sur le terrain particuli\u00e8rement \u00e0 Kisangani. Commandant en second des op\u00e9rations, le g\u00e9n\u00e9ral Denis Kalume n\u2019\u00e9tait pas capable de me d\u00e9crire ce qu\u2019il y avait comme ennemis sur le terrain. J\u2019ai fait mon rapport de mission \u00e0 Mahele en lui disant ceci : \u00abA l\u2019allure o\u00f9 vont les choses, nous risquons de perdre la guerre\u00bb. En fait, il n\u2019y avait aucune coordination entre les op\u00e9rations sur le terrain et l\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>Le mal \u00e9tait apparemment profond\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le mal \u00e9tait plus que profond.<\/p>\n<p><strong>Le tribalisme ?<\/strong><\/p>\n<p>Exactement. A titre d\u2019exemple, on a envoy\u00e9 des soldats de la DSP au Nord Kivu pour affronter les forces de LD Kabila. Le commandant des op\u00e9rations \u00e0 Goma ne pouvait donner des ordres \u00e0 ces \u00e9l\u00e9ments. Quand il dit \u00e0 ceux-ci de tirer au mortier sur une position ennemie. On lui r\u00e9pond : \u00abNon, nous attendons les ordres de Kinshasa\u00bb. Pendant ces discussions sordides, les troupes de l\u2019AFDL ont le loisir de pilonner une position des FAZ. Tous les hommes ont p\u00e9ri.<\/p>\n<p><strong>Que pensez-vous des Forces arm\u00e9es de la RD Congo, depuis le 26 janvier 2001, date de l\u2019av\u00e8nement de \u00abJoseph Kabila\u00bb \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Etat ? <\/strong><\/p>\n<p>Le Congo-Kinshasa n\u2019a plus d\u2019arm\u00e9e. Pourquoi ? C\u2019est parce que le chef de l\u2019Etat n\u2019est pas un Congolais. Il ne peut en aucun cas promouvoir une v\u00e9ritable arm\u00e9e pour assurer la d\u00e9fense des fronti\u00e8res nationales. L\u2019homme qui dirige le Congo a une \u00abmission\u00bb \u00e0 accomplir. Cette mission tient en trois mots : D\u00e9truire le Congo.<\/p>\n<p><strong>Qui lui a confi\u00e9 cette \u00abmission\u00bb ? <\/strong><\/p>\n<p>Paul Kagame lui a confi\u00e9 la mission \u00abde laisser le Congo mourir\u00bb.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est donc une conviction pour vous\u2026<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est ma conviction personnelle. Il suffit de voir ce qui se passe sur le terrain. J\u2019ai appris tout r\u00e9cemment que le pr\u00e9sident Kabila a ordonn\u00e9 le retrait des op\u00e9rations des troupes congolaises de la Force a\u00e9rienne qui combattaient le M-23. Elles sont d\u00e9sormais bas\u00e9es \u00e0 Bukavu. Les forces onusiennes sont maintenant en premi\u00e8re ligne. Cela signifie simplement que Kabila ne souhaite pas la fin de la guerre \u00e0 l\u2019Est du pays. Ce n\u2019est pas son pays. Il laisse donc le champ libre au M-23 d\u2019occuper d\u2019autres localit\u00e9s et villes pour que nous allions de n\u00e9gociation \u00e0 n\u00e9gociation. L\u2019objectif est de contraindre le Congo \u00e0 c\u00e9der une partie de son territoire au Rwanda et \u00e0 l\u2019Ouganda. Depuis que Joseph Kabila a n\u2019a jamais manifest\u00e9 la volont\u00e9 politique de mettre sur pied une v\u00e9ritable arm\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Pourtant, les Belges et des Sud Africains ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 la rescousse pour ce faire\u2026<\/strong><\/p>\n<p>On a parl\u00e9 de partenariat et de brassage. Que brasse-t-on ? Jamais au grand jamais, une arm\u00e9e ne prend un mutin pour en faire un nouveau soldat.<\/p>\n<p><strong>Le pr\u00e9sident Mobutu avait donc commis l\u2019erreur de r\u00e9int\u00e9grer les militaires impliqu\u00e9s dans les pillages au d\u00e9but des ann\u00e9es 90\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Absolument. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 demander au ministre de la D\u00e9fense nationale d\u2019alors, l\u2019Amiral Mavua Mudima, d\u2019aller voir le chef de l\u2019Etat pour lui demander qu\u2019on sonne l\u2019alerte pendant que les troupes sont entrain de piller. Ainsi, on allait rassembler les pillards et les dans leurs villages. J\u2019ai dit la m\u00eame chose au g\u00e9n\u00e9ral Baramoto.<\/p>\n<p><strong>Dans cette logique, le \u00abmal \u00eatre\u00bb de l\u2019arm\u00e9e nationale a commenc\u00e9 en juillet 1960 lorsque s\u2019est produit la premi\u00e8re mutinerie \u2026<\/strong><\/p>\n<p>(Rire). Je suis tr\u00e8s content de vous l\u2019entendre dire. C\u2019est la premi\u00e8re erreur monumentale commise par le pr\u00e9sident Mobutu, alors commandant en chef l\u2019ANC. Quand les troupes de l\u2019ONU sont arriv\u00e9es au Congo, le repr\u00e9sentant des Nations Unies au Congo a demand\u00e9 au pr\u00e9sident Joseph Kasa Vubu de renvoyer tous les soldats et de b\u00e2tir une nouvelle arm\u00e9e. Cette id\u00e9e n\u2019avait pas trouv\u00e9 gr\u00e2ce aux yeux du colonel Mobutu. C\u2019est ainsi que tous les mutins ont \u00e9t\u00e9 gard\u00e9s au sein des Forces arm\u00e9es. Ces mutins ont continu\u00e9 \u00e0 diriger les troupes. Certains d\u2019entre eux sont devenus des officiers sup\u00e9rieurs. Il est tr\u00e8s difficile de restaurer la discipline au sein d\u2019une arm\u00e9e qui a connu la mutinerie.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 approch\u00e9 par \u00abJoseph Kabila\u00bb ? <\/strong><\/p>\n<p>En 2008, lorsque Laurent Nkunda avait le vent en poupe, un officier m\u2019a laiss\u00e9 entendre que Joseph Kabila voudrait faire appel \u00e0 moi. J\u2019ai dit \u00e0 cet officier que ce n\u2019est pas le v\u0153u du pr\u00e9sident. Car, c\u2019est lui qui entretient l\u2019instabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019Est. Et il ne peut pas demander \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre d\u2019aller r\u00e9tablir la paix. J\u2019ai n\u00e9anmoins dit \u00e0 mon interlocuteur que je suis dispos\u00e9 \u00e0 rendre service \u00e0 mon pays. J\u2019ai ajout\u00e9 que si le Pr\u00e9sident faisait appel \u00e0 moi, je poserais trois conditions : une totale libert\u00e9 d\u2019action, les moyens et le recrutement et la formation du personnel. Au bout de six mois, il est possible de former deux bataillons. Apr\u00e8s avoir r\u00e9tablir la paix et la s\u00e9curit\u00e9, je prendrai cong\u00e9. Je suis s\u00fbr et certain que ces conditions ne peuvent \u00eatre accept\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Que pensez-vous de la \u00abmutinerie\u00bb des ex-combattants \u00e9tiquet\u00e9s CNDP-M23 ?<\/strong><br \/>\nIl ne s\u2019agit nullement d\u2019une mutinerie. Cet un \u00abarrangement\u00bb entre Joseph Kabila et les initiateurs du M-23 dans le but de d\u00e9stabiliser et d\u2019affaiblir le Congo.<\/p>\n<p><strong>Que faire ?<\/strong><br \/>\nIl faut un changement \u00e0 la t\u00eate du pays.<\/p>\n<p><strong>Comment ?<\/strong><br \/>\nLe S\u00e9nat et l\u2019Assembl\u00e9e nationale disposent des pr\u00e9rogatives pour destituer Joseph Kabila. Les membres du Parlement congolais n\u2019ignorent nullement que cet homme est un tra\u00eetre. Il a trahi la Constitution congolaise. Un chef d\u2019Etat qui commet le parjure doit \u00eatre traduit devant la Justice. Toutes les autorit\u00e9s congolaises qui travaillent actuellement avec Kabila seront jug\u00e9s demain comme ses complices. Tous les Congolais souhaitent vivement que la situation change. Lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle du 28 novembre dernier, Kabila n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lu. Malgr\u00e9 sa tricherie, il n\u2019a pas gagn\u00e9. Il appartient au personnel politique congolais de dire \u00abNon !\u00bb \u00e0 la poursuite de cette politique que Kabila applique dans notre pays.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong>Propos recueillis \u00e0 Bruxelles par Baudouin Amba Wetshi<\/strong><\/em>\t\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source : Congoindependant.com Ag\u00e9 de 75 ans, natif de la Province de Bandundu, le g\u00e9n\u00e9ral Paul Mukobo Mundende garde une forme physique &#8220;quasi-olympique&#8221;. Connu pour son franc-parler, Mukobo a eu une carri\u00e8re militaire en dents de scie. Accus\u00e9 d\u2019avoir foment\u00e9 une \u00abtentative de coup d\u2019Etat\u00bb, il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en rel\u00e9gation avant d\u2019\u00eatre r\u00e9habilit\u00e9 en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3833,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","footnotes":""},"categories":[122,124],"tags":[],"class_list":["post-3832","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-alertes","category-politique-societe"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3832","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3832"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3832\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3832"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3832"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3832"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}