{"id":2798,"date":"2012-04-16T07:31:43","date_gmt":"2012-04-16T07:31:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ingeta.com\/?p=2798"},"modified":"2012-04-16T07:31:43","modified_gmt":"2012-04-16T07:31:43","slug":"bosco-ntaganda-droits-humains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/bosco-ntaganda-droits-humains\/","title":{"rendered":"Bosco Ntaganda : Un pass\u00e9 marqu\u00e9 par des atteintes aux droits humains"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\t<em>Source: <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2012\/04\/13\/rd-congo-bosco-ntaganda-doit-tre-arr-t-et-transf-r-la-cour-p-nale-internationale-pou\">Human Rights watch<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em><strong>Bosco Ntaganda est un g\u00e9n\u00e9ral tristement c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019arm\u00e9e de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo. Il fait l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat de la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) pour crimes de guerre. Ntaganda, surnomm\u00e9 \u00ab Terminator \u00bb, et les troupes sous son commandement ont commis des exactions abominables depuis au moins 2002 dans le district de l\u2019Ituri, dans le nord-est de la RD Congo, et dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, dans l\u2019est du pays, notamment des massacres ethniques, des meurtres, des violences sexuelles, des actes de torture, et le recrutement d\u2019enfants soldats. Ntaganda est connu parmi ses troupes comme un \u00ab guerrier \u00bb qui dirige depuis le front, commandant et participant directement dans les op\u00e9rations militaires. Selon les dires d\u2019un enfant soldat qui a combattu avec Ntaganda et a t\u00e9moign\u00e9 ult\u00e9rieurement contre lui devant la CPI \u00e0 La Haye, il est \u00e9galement connu comme un homme qui \u00ab tue les gens facilement \u00bb.<\/strong><\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-2799\" title=\"Bosco Ntaganda \" src=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/BoscoNtaganda.jpg\" alt=\"\" width=\"576\" height=\"407\" \/><\/p>\n<p><strong>Historique<br \/>\n<\/strong>Ntaganda est n\u00e9 en 1973 \u00e0 Kinigi, au Rwanda. Il a fui \u00e0 Ngungu, dans l\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, alors qu\u2019il \u00e9tait un jeune adolescent \u00e0 la suite des attaques contre les Tutsis au Rwanda. Il a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re militaire en 1990 avec le Front patriotique rwandais (FPR), un groupe rebelle rwandais bas\u00e9 en Ouganda dirig\u00e9 par Paul Kagame, l\u2019actuel pr\u00e9sident du Rwanda. Apr\u00e8s que le FPR a mis fin en juillet 1994 au g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 contre les Tutsis et les Hutus mod\u00e9r\u00e9s et a form\u00e9 le nouveau gouvernement rwandais, Ntaganda a int\u00e9gr\u00e9 l\u2019arm\u00e9e rwandaise.\u00a0Pendant qu\u2019il se trouvait dans l\u2019arm\u00e9e rwandaise, il a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019invasion de la RD Congo en 1996, durant ce qui sera ensuite connu sous le nom de premi\u00e8re guerre du Congo. En 1998, durant la seconde guerre en RD Congo, il a rejoint un groupe rebelle congolais, le Rassemblement congolais pour la d\u00e9mocratie (RCD). Au cours des ann\u00e9es suivantes, il a fait partie de divers groupes rebelles congolais, avant de rejoindre l\u2019Union des patriotes congolais (UPC) dans le district de l\u2019Ituri en 2002.<\/p>\n<p>De 2002 \u00e0 2005, il a servi sous les ordres du leader de l\u2019UPC, Thomas Lubanga, qui <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2012\/03\/14\/cpi-le-premier-verdict-de-la-cour-est-un-avertissement-aux-auteurs-de-violations-de-\">en mars 2012<\/a> a \u00e9t\u00e9 reconnu coupable par le CPI de recrutement et d\u2019utilisation d\u2019enfants soldats en Ituri. Ntaganda \u00e9tait le chef des op\u00e9rations militaires sous Lubanga et a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans un grand nombre d\u2019atteintes graves aux droits humains, notamment des massacres ethniques, des actes de torture, des viols ainsi que dans le recrutement massif d\u2019enfants, dont certains n\u2019avaient pas plus de 7 ans. Il \u00e9tait le co-accus\u00e9 dans l\u2019affaire Lubanga.<\/p>\n<p>En 2006, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 l\u2019UPC \u00e0 la suite de conflits internes, Ntaganda est devenu chef d\u2019\u00e9tat-major militaire pour le Congr\u00e8s national pour la d\u00e9fense du peuple (CNDP), un groupe rebelle dirig\u00e9 par des Tutsis sous la direction de Laurent Nkunda. Soutenu par le Rwanda, le groupe rebelle contr\u00f4lait une grande partie du Nord-Kivu et remportait r\u00e9guli\u00e8rement des combats contre l\u2019arm\u00e9e congolaise. En janvier 2009, \u00e0 la suite d\u2019un accord secret entre les autorit\u00e9s congolaises et rwandaises, et avec le soutien d\u2019officiers de l\u2019arm\u00e9e rwandaise, Ntaganda a \u00e9vinc\u00e9 Nkunda, s\u2019est empar\u00e9 de la direction du groupe rebelle et a accept\u00e9 d\u2019int\u00e9grer les effectifs de celui-ci dans l\u2019arm\u00e9e congolaise. Pour avoir mis fin \u00e0 la r\u00e9bellion du CNDP, Ntaganda a obtenu en \u00e9change le grade de g\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019arm\u00e9e congolaise et est devenu sous-commandant des op\u00e9rations militaires dans l\u2019est de la RD Congo.<\/p>\n<p>D\u00e9but 2009, constern\u00e9e par la nomination de Ntaganda, une coalition de 51 organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2009\/02\/19\/lettre-des-organisations-nationales-au-pr-sident-de-la-rd-congo-sur-l-arrestation-de\">a appel\u00e9<\/a>le Pr\u00e9sident Joseph Kabila \u00e0 arr\u00eater Ntaganda, plut\u00f4t que de lui donner une promotion :<\/p>\n<p>Nous ne pouvons pas oublier le malheur que Bosco Ntaganda nous a caus\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es, en massacrant des milliers des personnes d&#8217;Ituri sans piti\u00e9 et sans sens d&#8217;humanit\u00e9. Nous sommes porteurs de cicatrices ind\u00e9l\u00e9biles. Nous devons honorer les m\u00e9moires des gens que nous avons perdus en disant jamais encore des tueries et en envoyant un signal fort pour que ceux qui sont coupables de tels crimes soient jug\u00e9s. Il faut que les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir sachent non seulement que nous avons souffert, mais aussi que nous avons agi pour mettre fin \u00e0 la souffrance en luttant pour une justice \u00e9quitable.<\/p>\n<p><strong>Exactions commises alors que Ntaganda commandait les groupes rebelles en Ituri et au Nord-Kivu<br \/>\n<\/strong>Ntaganda est impliqu\u00e9 dans certaines des exactions les plus horribles perp\u00e9tr\u00e9es dans l\u2019est de la RD Congo au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es. En Ituri, en plus des accusations de la CPI portant sur l\u2019utilisation d\u2019enfants soldats, Ntaganda a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de commander les troupes de l\u2019UPC qui ont tu\u00e9 au moins 800 civils pour des raisons ethniques \u00e0 Mongbwalu et dans les villages avoisinants en novembre et d\u00e9cembre 2002.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration militaire visant \u00e0 prendre le contr\u00f4le de la ville strat\u00e9gique pour l\u2019extraction de l\u2019or de Mongbwalu a dur\u00e9 six jours, durant lesquels les troupes de l\u2019UPC ont massacr\u00e9 les civils sur des crit\u00e8res ethniques, pourchassant les personnes qui tentaient de se r\u00e9fugier dans la for\u00eat, et saisissant et tuant d\u2019autres personnes \u00e0 des barrages routiers. Des t\u00e9moins ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch avoir vu des civils appartenant \u00e0 l\u2019ethnie Lendu se faire attaquer par des combattants de l\u2019UPC, qui les ont \u00e9gorg\u00e9s ou les ont assomm\u00e9s \u00e0 coups de marteau, en criant\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Nous allons vous exterminer \u2013 le gouvernement ne va pas vous aider maintenant<\/em>.\u00a0\u00bb Des enfants soldats qui ont t\u00e9moign\u00e9 devant la CPI de ce qu\u2019ils avaient v\u00e9cu ont d\u00e9crit la fa\u00e7on dont <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/reports\/2005\/06\/01\/le-fl-au-de-l-or-0\">Ntaganda dirigeait certaines des attaques<\/a>.<\/p>\n<p>Ntaganda a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans une campagne d\u2019arrestations arbitraires, d\u2019ex\u00e9cutions et de disparitions forc\u00e9es de dizaines de civils selon\u00a0des motifs \u00e0 caract\u00e8re ethnique \u00e0 Mongbwalu, Bunia et autres lieux dans le <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/reports\/2003\/07\/07\/ituri-couvert-de-sang-0\">district de l\u2019Ituri<\/a> tandis qu\u2019il faisait partie de l\u2019UPC. Des t\u00e9moins ont d\u00e9crit cette campagne comme une \u00ab\u00a0<em>chasse \u00e0 l\u2019homme<\/em>\u00a0\u00bb et dans le cadre de\u00a0recherches men\u00e9es entre 2002 et 2005, Human Rights Watch a recueilli des informations sur plus de 100 personnes victimes de cette campagne, m\u00eame si les chiffres sont probablement beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019implication pr\u00e9sum\u00e9e de Ntaganda dans des atrocit\u00e9s a continu\u00e9 lorsqu\u2019il a rejoint le groupe rebelle du CNDP. En novembre 2008 au Nord-Kivu, les troupes du CNDP sous le commandement de Ntaganda ont tu\u00e9 environ 150 personnes dans la ville de <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/reports\/2008\/12\/11\/massacres-kiwanja\">Kiwanja<\/a> l\u2019un des pires massacres perp\u00e9tr\u00e9 par ce groupe au Nord-Kivu. Les combattants sont all\u00e9s de maison en maison, \u00e0 la recherche de jeunes hommes et d\u2019adolescents qu\u2019ils soup\u00e7onnaient d\u2019\u00eatre des combattants ennemis. Les combattants du CNDP ont enfonc\u00e9 les portes, exig\u00e9 de l\u2019argent et des t\u00e9l\u00e9phones portables, puis ont abattu ou tu\u00e9 d\u2019une autre mani\u00e8re\u00a0les hommes ou les gar\u00e7ons, les massacrant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs maisons, devant leurs familles ou dans les rues avoisinantes. Quelques femmes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es, notamment celles qui tentaient de prot\u00e9ger des membres de leur famille.<\/p>\n<p>Ntaganda \u00e9tait pr\u00e9sent durant le massacre de Kiwanja. Une s\u00e9quence vid\u00e9o tourn\u00e9e par des journalistes internationaux l\u2019a montr\u00e9 commandant et donnant des ordres \u00e0 ses troupes \u00e0 Kiwanja le 5 novembre2008, le jour du massacre. Les enqu\u00eateurs de l\u2019ONU charg\u00e9s des droits humains ont conclu ult\u00e9rieurement que nombre des meurtres \u00e9taient \u00ab\u00a0<em>en repr\u00e9sailles par nature, et ordonn\u00e9s et supervis\u00e9s par le commandement du CNDP<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 la suite du massacre de Kiwanja, Ntaganda aurait enlev\u00e9 deux adolescentes de Kiwanja, \u00e2g\u00e9es de 15 et 16 ans, pour les emmener de force jusqu\u2019\u00e0 une position militaire du CNDP \u00e0 proximit\u00e9 \u00e0 Rutshuru pour en faire ses \u00ab\u00a0\u00e9pouses\u00a0\u00bb. Ntaganda a viol\u00e9 les deux adolescentes \u00e0 maintes reprises et les a forc\u00e9es \u00e0 cuisiner pour lui. L\u2019une des adolescentes s\u2019est enfuie au bout de cinq jours. Dans un entretien avec Human Rights Watch, elle a expliqu\u00e9 comment elle \u00e9tait oblig\u00e9e de vivre dans la clandestinit\u00e9 parce que les soldats de Ntaganda \u00e9taient venus la chercher chez elle apr\u00e8s sa fuite. D\u2019autres personnes proches de Ntaganda interrog\u00e9es par Human Rights Watch ont affirm\u00e9\u00a0qu\u2019il obligeait r\u00e9guli\u00e8rement des jeunes femmes et jeunes filles \u00e0 \u00eatre ses \u00ab\u00a0\u00e9pouses\u00a0\u00bb quand il arrivait \u00e0 une nouvelle position militaire.<\/p>\n<p><strong>Exactions\u00a0commises en tant que\u00a0g\u00e9n\u00e9ral dans\u00a0l&#8217;arm\u00e9e congolaise<br \/>\n<\/strong>Ntaganda\u00a0a continu\u00e9\u00a0\u00e0 commettre des\u00a0violations de droits humains\u00a0apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral dans\u00a0l&#8217;arm\u00e9e congolaise\u00a0et sous-commandant\u00a0des op\u00e9rations militaires\u00a0dans\u00a0<a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/reports\/2009\/12\/13\/vous-serez-punis-0\">l&#8217;est de la RD Congo\u00a0au d\u00e9but de 2009<\/a>.\u00a0Il a utilis\u00e9 son\u00a0nouveau poste\u00a0pour cr\u00e9er\u00a0une structure de commandement\u00a0parall\u00e8le, donnant des ordres\u00a0aux anciens\u00a0soldats du CNDP\u00a0qui lui sont rest\u00e9s\u00a0fid\u00e8les plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0\u00a0la hi\u00e9rarchie\u00a0militaire officielle\u00a0et \u00e9galement \u00e0\u00a0d&#8217;autres milices\u00a0qui ne sont pas int\u00e9gr\u00e9es dans l&#8217;arm\u00e9e.\u00a0Ntaganda\u00a0a chass\u00e9\u00a0de nombreux\u00a0chefs locaux\u00a0dans certaines parties de\u00a0la province\u00a0du Nord-Kivu,\u00a0en les rempla\u00e7ant par\u00a0des chefs\u00a0qui lui \u00e9taient fid\u00e8les. Certains des\u00a0chefs\u00a0qui se sont oppos\u00e9s\u00a0ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s, d&#8217;autres\u00a0ont \u00e9t\u00e9 contraints par l&#8217;intimidation\u00a0et les menaces \u00e0 partir.\u00a0Par le biais de cette\u00a0structure parall\u00e8le, Ntaganda\u00a0a ordonn\u00e9\u00a0ou\u00a0a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans\u00a0de graves exactions.<\/p>\n<p><strong><em>Attaques d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es contre les civils<br \/>\n<\/em><\/strong>Les troupes\u00a0fid\u00e8les \u00e0\u00a0Ntaganda\u00a0ont men\u00e9\u00a0de nombreuses attaques\u00a0contre des civils, parfois\u00a0pendant des op\u00e9rations militaires\u00a0autoris\u00e9es par\u00a0la cha\u00eene\u00a0de commandement de\u00a0l&#8217;arm\u00e9e congolaise,\u00a0mais le plus souvent\u00a0au cours d\u2019op\u00e9rations\u00a0que Ntaganda\u00a0a ordonn\u00e9es\u00a0de son propre chef.\u00a0Bon nombre de ces\u00a0op\u00e9rations\u00a0ont \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9es par\u00a0des tentatives visant \u00e0\u00a0prendre le contr\u00f4le de\u00a0terres agricoles fertiles\u00a0&#8211; for\u00e7ant\u00a0 les agriculteurs\u00a0\u00a0d\u2019ethnie hunde et hutu\u00a0\u00e0 abandonner leurs terres\u00a0pour faire place aux \u00e9leveurs de b\u00e9tail tutsis.\u00a0En 2009,\u00a0des troupes\u00a0sous son commandement\u00a0ont tu\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment au\u00a0moins 270 civils\u00a0dans la zone\u00a0situ\u00e9e entre Nyabiondo et Pinga,\u00a0dans l&#8217;ouest du\u00a0territoire de Masisi.\u00a0Au cours des six\u00a0premiers mois de 2010,\u00a0Human Rights Watch a\u00a0document\u00e9\u00a025\u00a0attaques contre des villages\u00a0dans la m\u00eame zone, entra\u00eenant la mort\u00a0d&#8217;au moins\u00a0105 civils.\u00a0Les soldats de l&#8217;arm\u00e9e\u00a0congolaise interrog\u00e9s par\u00a0Human Rights Watch\u00a0ont d\u00e9clar\u00e9\u00a0que Ntaganda\u00a0a assum\u00e9 le\u00a0r\u00f4le de commandant pour\u00a0ces\u00a0attaques.<\/p>\n<p>Les attaques\u00a0li\u00e9es au contr\u00f4le\u00a0sur les terres\u00a0dans certaines parties du\u00a0Nord-Kivu\u00a0ont continu\u00e9\u00a0en 2011 et\u00a0d\u00e9but 2012,\u00a0avec des petits groupes\u00a0de soldats et de\u00a0miliciens fid\u00e8les \u00e0\u00a0Ntaganda commettant\u00a0de graves\u00a0violations des droits humains \u2013 telles que\u00a0le meurtre,\u00a0le viol et\u00a0l\u2019incendie de maisons\u00a0\u2013\u00a0dans des tentatives\u00a0pour r\u00e9soudre les litiges fonciers individuels\u00a0par la force.<\/p>\n<p><strong><em>Assassinats cibl\u00e9s, disparitions forc\u00e9es\u00a0et arrestations arbitraires<\/em><\/strong><br \/>\n\u00c0 partir de janvier 2010, et peut-\u00eatre plus t\u00f4t, Ntaganda a commenc\u00e9 une <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2010\/10\/12\/rd-congo-un-criminel-de-guerre-inculp-par-la-cpi-est-impliqu-dans-des-assassinats-d-\">campagne brutale<\/a> prenant pour cible les personnes qu&#8217;il estimait \u00eatre contre lui, notamment les militants de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui ont d\u00e9nonc\u00e9 ses exactions ou appel\u00e9 \u00e0 son arrestation.\u00a0Human Rights Watch a document\u00e9 au moins 20 assassinats cibl\u00e9s, deux tentatives d&#8217;assassinat, quatre disparitions forc\u00e9es et 18 enl\u00e8vements et arrestations arbitraires depuis janvier 2010 qui ont \u00e9t\u00e9 soit directement command\u00e9s par Ntaganda soit dans lesquels il \u00e9tait impliqu\u00e9.\u00a0Des dizaines d&#8217;autres personnes auraient \u00e9t\u00e9 menac\u00e9es ou intimid\u00e9es par Ntaganda ou ses proches.\u00a0De nombreuses personnes ont fui Goma et vivent dans la clandestinit\u00e9.\u00a0La plupart des incidents ont eu lieu au Nord-Kivu, mais d&#8217;autres se sont d\u00e9roul\u00e9s dans les pays voisins du Rwanda et de l&#8217;Ouganda.<\/p>\n<p>Sylvestre Bwira Kyahi, le pr\u00e9sident de la soci\u00e9t\u00e9 civile du territoire de Masisi, a \u00e9t\u00e9 l&#8217;une des personnes prises pour cible.\u00a0Il a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 \u00e0 Goma le 24 ao\u00fbt 2010, et d\u00e9tenu pendant une semaine dans une prison souterraine.\u00a0Bwira vivait dans la clandestinit\u00e9 depuis la fin juillet \u00e0 la suite d&#8217;un appel t\u00e9l\u00e9phonique mena\u00e7ant du \u00ab secr\u00e9taire \u00bb de Ntaganda au sujet d&#8217;une lettre publique que Bwira avait \u00e9crite au pr\u00e9sident Kabila, d\u00e9non\u00e7ant, entre autres, les exactions commises par les troupes sous le commandement de Ntaganda et appelant \u00e0 l&#8217;arrestation de Ntaganda sur la base du mandat d&#8217;arr\u00eat de la CPI.<\/p>\n<p>Pendant sa d\u00e9tention, Bwira a eu les yeux band\u00e9s, a \u00e9t\u00e9 attach\u00e9 \u00e0 un pilier, et a \u00e9t\u00e9 battu \u00e0 plusieurs reprises.\u00a0Il a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 par des anciens soldats du CNDP sur la raison pour laquelle il s\u2019opposait \u00e0 eux.\u00a0Suite \u00e0 la pression exerc\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 civile et les d\u00e9fenseurs des droits humains, Bwira a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en \u00ab\u00a0libert\u00e9 provisoire \u00bb et a fait l&#8217;objet d&#8217;un traitement m\u00e9dical pendant des mois suite aux blessures qu&#8217;il a subies.<br \/>\nL&#8217;un des assassinats les plus m\u00e9diatis\u00e9s est celui du lieutenant-colonel Antoine Balibuno, un ancien membre bien connu du cercle intime de Nkunda qui \u00e9tait contre le leadership de Ntaganda.\u00a0Balibuno a \u00e9t\u00e9 abattu dans le centre de Goma le 14 septembre 2010 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union dans un bar avec deux proches partisans de Ntaganda.\u00a0Plusieurs officiers de l&#8217;arm\u00e9e congolaise, notamment des anciens membres du CNDP, ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch que Ntaganda avait ordonn\u00e9 l&#8217;assassinat de Balibuno.<\/p>\n<p>Certaines des personnes que Ntaganda a per\u00e7ues comme une menace avaient un profil plus discret.\u00a0Martine Ndayabaje, une femme de 23 ans responsable de la livraison du lait \u00e0 la maison de Ntaganda \u00e0 Goma, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment tu\u00e9e \u00e0 la fin de d\u00e9cembre 2010.\u00a0Des personnes proches de Ndayabaje ont expliqu\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch qu&#8217;elle avait surpris une conversation confidentielle chez Ntaganda et avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e pour la faire taire.\u00a0Trois jours apr\u00e8s No\u00ebl 2010, peu de temps apr\u00e8s que Martine Ndayabaje a \u00e9t\u00e9 vue pour la derni\u00e8re fois, son corps a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert sur les rives du lac Kivu.\u00a0Les soldats de Ntaganda sont rapidement venus le r\u00e9cup\u00e9rer, affirmant aux membres de famille en deuil et aux curieux qu&#8217;ils prenaient le corps pour effectuer \u00ab\u00a0<em>une enqu\u00eate<\/em>\u00a0\u00bb. Le corps n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 restitu\u00e9 \u00e0 la famille.\u00a0Deux officiers de l\u2019arm\u00e9e fid\u00e8les \u00e0 Ntaganda sont venus plus tard \u00e0 la maison de Martine Ndayabaje et ont menac\u00e9 sa famille, en disant qu&#8217;ils seraient tu\u00e9s s&#8217;ils racontaient ce qui s&#8217;\u00e9tait pass\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>Recrutement d&#8217;enfants<br \/>\n<\/em><\/strong>Bien que\u00a0faisant l\u2019objet d\u2019un mandat d&#8217;arr\u00eat de la CPI\u00a0pour le crime de\u00a0recrutement et utilisation d&#8217;enfants soldats,\u00a0Ntaganda et\u00a0les officiers\u00a0qui lui sont fid\u00e8les\u00a0ont continu\u00e9\u00a0le recrutement\u00a0forc\u00e9 d&#8217;enfants.\u00a0L&#8217;une des pires\u00a0vagues\u00a0de recrutement\u00a0a eu lieu\u00a0\u00e0 la fin 2010,\u00a0lorsque des centaines de\u00a0jeunes hommes et de gar\u00e7ons\u00a0ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s\u00a0dans les provinces du Nord\u00a0et du Sud Kivu, notamment\u00a0au moins 121\u00a0enfants de moins de\u00a018 ans.\u00a0Les rapports re\u00e7us par\u00a0Human Rights Watch ont\u00a0indiqu\u00e9 qu&#8217;il y en avait probablement beaucoup\u00a0plus.<\/p>\n<p>Dans la zone de\u00a0Kitchanga, \u00e0 la mi-novembre\u00a02010, des officiers\u00a0fid\u00e8les \u00e0 Ntaganda\u00a0ont visit\u00e9 des \u00e9coles\u00a0et\u00a0\u00e9tabli des listes\u00a0des \u00e9l\u00e8ves\u00a0de sexe masculin \u00e2g\u00e9s\u00a0de 15 \u00e0 20 ans.\u00a0Au cours des semaines\u00a0suivantes, les soldats\u00a0de Ntaganda\u00a0ont enlev\u00e9 les\u00a0jeunes\u00a0des \u00e9coles, des\u00a0maisons, des champs, ou\u00a0bien alors qu\u2019ils allaient\u00a0\u00e0 l&#8217;\u00e9cole ou qu\u2019ils en revenaient, et\u00a0les ont recrut\u00e9s\u00a0de force\u00a0 dans l&#8217;arm\u00e9e.\u00a0Dans le village de\u00a0Charamba\u00a0le 15 novembre\u00a02010,\u00a0sept\u00a0jeunes hommes\u00a0ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s d&#8217;un\u00a0terrain de football avant un match.\u00a0Ceux qui r\u00e9sistaient\u00a0risquaient de\u00a0rudes ch\u00e2timents, voire la mort. Un grand nombre de jeunes\u00a0dans les r\u00e9gions touch\u00e9es\u00a0se sont cach\u00e9s dans\u00a0les for\u00eats ou ont tent\u00e9 de fuir vers\u00a0les grandes villes\u00a0pour \u00e9chapper\u00a0au recrutement forc\u00e9,\u00a0selon ce qu\u2019ont rapport\u00e9 des t\u00e9moins \u00e0 Human Rights Watch.<\/p>\n<p><strong><em>Ing\u00e9rence dans\u00a0la justice et dans les \u00e9lections, implication dans la contrebande\u00a0des min\u00e9raux<br \/>\n<\/em><\/strong>L\u2019\u00e9tendue de l\u2019influence de Ntaganda est all\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 interf\u00e9rer dans le syst\u00e8me judiciaire congolais et les \u00e9lections nationales.\u00a0Dans au moins neuf cas document\u00e9s par Human Rights Watch, Ntaganda a emp\u00each\u00e9 que les personnes lui \u00e9tant fid\u00e8les soient d\u00e9f\u00e9r\u00e9es \u00e0 la justice ou les a prot\u00e9g\u00e9es de l&#8217;arrestation.\u00a0Dans un des cas les plus flagrants, le lieutenant-colonel Ndayambaje Kipanga, un ancien officier du CNDP proche de Ntaganda, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 le 7 mai 2009, pour le viol et l&#8217;emprisonnement pr\u00e9sum\u00e9s de cinq jeunes filles dans sa base militaire \u00e0 Rutshuru.\u00a0Il s&#8217;est \u00e9vad\u00e9 deux jours apr\u00e8s son arrestation et a ensuite \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 et condamn\u00e9 par contumace par un tribunal militaire congolais pour crimes contre l&#8217;humanit\u00e9 pour viol et emprisonnement.\u00a0Des officiers militaires congolais interrog\u00e9s par Human Rights Watch ont d\u00e9clar\u00e9 que Ntaganda a contribu\u00e9 \u00e0 faciliter l\u2019\u00e9vasion de Kipanga et a continu\u00e9 \u00e0 le prot\u00e9ger contre une nouvelle arrestation.<\/p>\n<p>Ntaganda a \u00e9galement cherch\u00e9 \u00e0 s&#8217;immiscer dans les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives de la RD Congo en novembre 2011 en soutien au pr\u00e9sident Kabila et aux membres du parti politique du CNDP se pr\u00e9sentant aux \u00e9lections.\u00a0Sur les ordres de Ntaganda, certains candidats et leurs partisans ont \u00e9t\u00e9 menac\u00e9s, tortur\u00e9s, arr\u00eat\u00e9s, et emp\u00each\u00e9s de mener campagne.<\/p>\n<p>Dans un cas en ao\u00fbt 2011, un chef local, Kapenda Muhima, a \u00e9t\u00e9 abattu pr\u00e8s de Kitchanga, pr\u00e9tendument sur les ordres de Ntaganda, parce qu&#8217;il avait chang\u00e9 son alliance avec le parti politique du CNDP.\u00a0Avant sa mort, des membres du CNDP ont pr\u00e9venu Kapenda qu&#8217;il avait deux mois pour revenir au parti ou ils le tueraient, ont d\u00e9clar\u00e9 des personnes proches de Kapenda interrog\u00e9es par Human Rights Watch.<\/p>\n<p>Dans certaines parties du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, les anciens rebelles du CNDP fid\u00e8les \u00e0 Ntaganda se trouvaient sur les lieux de vote en civil, agissant en tant que t\u00e9moins des partis politiques ou assurant m\u00eame la s\u00e9curit\u00e9, ont indiqu\u00e9 de nombreux t\u00e9moins \u00e0 Human Rights Watch.\u00a0Certains \u00e9lecteurs ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch qu&#8217;ils se sentaient intimid\u00e9s par leur pr\u00e9sence.\u00a0D&#8217;autres ont dit avoir vu des anciens soldats du CNDP remplir eux-m\u00eames des bulletins de vote et menacer directement les t\u00e9moins des partis d&#8217;opposition.<\/p>\n<p>Ntaganda a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises accus\u00e9 d&#8217;implication dans la contrebande mini\u00e8re ill\u00e9gale par un groupe d&#8217;experts des Nations Unies charg\u00e9 de l&#8217;enqu\u00eate sur le trafic ill\u00e9gal d&#8217;armes et l&#8217;exploitation des ressources naturelles et il a \u00e9t\u00e9 inscrit sur une liste de sanctions de l&#8217;ONU depuis 2005.\u00a0La richesse amass\u00e9e par le biais de ces activit\u00e9s ill\u00e9gales lui a permis de consolider son pouvoir et d\u2019acheter la loyaut\u00e9 d&#8217;autres autorit\u00e9s militaires, et facilite ses violations continuelles des droits humains<\/p>\n<p>&nbsp;\t\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source: Human Rights watch. Bosco Ntaganda est un g\u00e9n\u00e9ral tristement c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019arm\u00e9e de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo. Il fait l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arr\u00eat de la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) pour crimes de guerre. Ntaganda, surnomm\u00e9 \u00ab Terminator \u00bb, et les troupes sous son commandement ont commis des exactions abominables depuis au moins 2002 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2799,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","footnotes":""},"categories":[107,124],"tags":[],"class_list":["post-2798","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analyses-commentaires","category-politique-societe"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2798","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2798"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2798\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2798"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2798"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2798"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}