{"id":2494,"date":"2012-03-17T08:37:57","date_gmt":"2012-03-17T08:37:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ingeta.com\/?p=2494"},"modified":"2012-03-17T08:37:57","modified_gmt":"2012-03-17T08:37:57","slug":"les-bailleurs-de-fonds-du-conflit-congolais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/les-bailleurs-de-fonds-du-conflit-congolais\/","title":{"rendered":"Les bailleurs de fonds du conflit congolais"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\t<em>Source: <a href=\"http:\/\/www.voltairenet.org\/Les-bailleurs-de-fonds-du-conflit\">R\u00e9seau Voltaire<\/a> (initialement publi\u00e9 le 28 novembre 2003). Par Paul Labarique.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Un <a href=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/fr-S-2002-1146_fr.pdf\">rapport de l\u2019ONU datant de 2002<\/a> sur l\u2019exploitation ill\u00e9gale des ressources naturelles de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo d\u00e9crypte les m\u00e9canismes de pillage \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le pays. Le groupe d\u2019experts nomm\u00e9 par le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 observe que les \u00c9tats voisins maintiennent une instabilit\u00e9 artificielle dans le pays afin de justifier la pr\u00e9sence de leurs troupes et continuer \u00e0 piller les sous-sols. Les experts observent aussi que l\u2019exploitation de ces ressources n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 un march\u00e9 r\u00e9gional, mais aux pays industrialis\u00e9s. Qui, au Nord, finance le pillage d\u2019un des pays les plus pauvres du Sud ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/kabila1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1465\" title=\"Kabila\" src=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/kabila1.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"341\" \/><\/a><\/p>\n<p>La R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), ex-Za\u00efre, est certainement un symbole de l\u2019exploitation du continent africain. Son caract\u00e8re exemplaire r\u00e9side dans le d\u00e9calage qui existe entre les richesses mini\u00e8res incroyables du pays et sa 152e place au classement de l\u2019Indice de d\u00e9veloppement humain (qui donne une id\u00e9e de l\u2019\u00e9tat sanitaire de la population du pays), le niveau d\u2019instruction mesur\u00e9 par la dur\u00e9e moyenne de scolarisation et le taux d\u2019alphab\u00e9tisation, et le PIB.<\/p>\n<p><strong>Un pays pill\u00e9 successivement par les puissances coloniales et par ses voisins<\/strong><\/p>\n<p>Lors de son ind\u00e9pendance, en 1960, cette ancienne colonie belge aux sous-sols richissimes attire toutes les convoitises. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019\u00e8re Mobutu, le mar\u00e9chal qui dirigea le pays d\u2019une main de fer durant trente ans gr\u00e2ce au soutien de la CIA \u00e9tats-unienne et des pr\u00e9sidents de la Ve R\u00e9publique fran\u00e7aise. En 1997, au terme d\u2019une guerre civile de deux ans, Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila ravit le pouvoir, avec l\u2019aide des soldats des pr\u00e9sidents rwandais, Paul Kagam\u00e9, et ougandais, Yoweri Musevini. Il leur accorde, en \u00e9change, une libert\u00e9 d\u2019action dans la zone situ\u00e9e \u00e0 l\u2019est du pays. Sous couvert d\u2019\u00e9puration (les g\u00e9nocidaires rwandais se sont en effet r\u00e9fugi\u00e9s dans l\u2019ex-Za\u00efre apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Paul Kagam\u00e9) ou d\u2019int\u00e9r\u00eats s\u00e9curitaires, le pillage des ressources du pays commence. \u00c0 cette \u00e9poque, les exportations ougandaises d\u2019or et de diamant explosent, alors que le pays ne produit ni l\u2019un ni l\u2019autre. Idem pour le Rwanda et le Burundi. Une situation qui ne peut que s\u2019envenimer, et d\u00e9bouche effectivement sur une guerre ouverte, dans laquelle Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila ne doit son salut qu\u2019\u00e0 l\u2019intervention \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s du Zimbabwe de Robert Mugabe, de l\u2019Angola d\u2019Eduardo Dos Santos et de la Namibie de Sam Nujoma.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat de ce conflit g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 dans la r\u00e9gion des Grands lacs est l\u2019installation durable de troupes \u00e9trang\u00e8res sur le sol de l\u2019ex-Za\u00efre, rebaptis\u00e9 R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) par Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila. Ce dernier est assassin\u00e9 en janvier 2001 et remplac\u00e9 par son fils a\u00een\u00e9, le g\u00e9n\u00e9ral-major Joseph Kabila. Paradoxalement, au lieu d\u2019ajouter \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9, cet \u00e9v\u00e9nement entra\u00eene une application progressive des accords de Lusaka, sign\u00e9s en juillet 1999 par l\u2019ensemble des gouvernements africains impliqu\u00e9s dans le conflit. Ces accords pr\u00e9voient un cessez-le-feu contr\u00f4l\u00e9 par l\u2019ONU et le d\u00e9sarmement de tous les groupes arm\u00e9s, pr\u00e9alable au retrait des forces \u00e9trang\u00e8res d\u00e9ploy\u00e9es au Congo.<\/p>\n<p>Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir et sp\u00e9cialiste de la r\u00e9gion des Grands lacs, revient sur cet \u00e9pisode dans son dernier ouvrage, Les Nouveaux pr\u00e9dateurs. Politique des puissances en Afrique centrale [1] Selon elle, l\u2019instabilit\u00e9 r\u00e9gionale suscit\u00e9e par le g\u00e9nocide rwandais &#8211; qui, en plus des huit cent mille victimes tutsis et hutus d\u2019opposition, a occasionn\u00e9 la fuite de centaines de milliers de Hutus dans l\u2019ex-Za\u00efre &#8211; a r\u00e9veill\u00e9 les volont\u00e9s de conqu\u00eate des \u00ab voisins du Congo \u00bb : le Rwanda, l\u2019Angola, le Zimbabwe, l\u2019Ouganda, et m\u00eame la Namibie ou l\u2019Afrique du sud. Avec, derri\u00e8re ces protagonistes de premier plan, la strat\u00e9gie \u00e0 long terme des \u00c9tats-Unis et de leurs \u00ab fond\u00e9s de pouvoir \u00bb : le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). Et, pour objectif g\u00e9ostrat\u00e9gique et \u00e9conomique, les r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Dans cette conjoncture, Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila, qui a servi de pion en 1997 pour renverser le mar\u00e9chal Mobutu et ouvrir les ressources naturelles du pays au pillage par ses voisins, devient un obstacle, puisqu\u2019il cherche \u00e0 s\u2019\u00e9manciper de ceux qui l\u2019ont port\u00e9 au pouvoir. Selon Colette Braeckman, son assassinat, en janvier 2001, est organis\u00e9 par plusieurs puissances r\u00e9gionales, \u00ab avec la bienveillance des \u00c9tats-Unis et la complicit\u00e9 d\u2019une myriade de groupes mafieux : Libanais auxquels Kabila avait retir\u00e9 le monopole du diamant, ex-mobutistes nostalgiques, Angolais, Katangais, etc. \u00bb<br \/>\nJoseph Kabila, son fils, acc\u00e8de alors au pouvoir avec la b\u00e9n\u00e9diction de Washington, tandis que s\u2019organise la poursuite et la g\u00e9n\u00e9ralisation du pillage des ressources du pays. L\u2019affaiblissement du pouvoir central congolais permet aux pays voisins qui disposent d\u2019hommes au Congo d\u2019exploiter d\u00e9sormais en toute impunit\u00e9 les diff\u00e9rentes richesses du pays, au premier rang desquelles l\u2019or, le diamant et le coltan.<\/p>\n<p><strong>Les \u00c9tats de la r\u00e9gions maintiennent le conflit afin de piller le pays<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ONU finit par s\u2019inqui\u00e9ter du pillage d\u2019un pays par ses voisins, qui s\u2019accompagne d\u2019exactions et de violations des Droits de l\u2019homme en tout genre, et cr\u00e9e un \u00ab Groupe d\u2019experts sur l\u2019exploitation ill\u00e9gale des ressources naturelles et autres richesses de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo \u00bb, en 2001. Ce panel rend un premier rapport en octobre 2002. Le constat qu\u2019il y dresse est stup\u00e9fiant.<\/p>\n<p>Contrairement aux \u00e9ditoriaux optimistes sur la mise en place progressive des accords de Lusaka dans le pays, les auteurs y expliquent en effet que les \u00ab pays pillards \u00bb maintiennent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment une instabilit\u00e9 de fa\u00e7ade sur place, afin de justifier leur pr\u00e9sence militaire et de continuer l\u2019exploitation ill\u00e9gale des sous-sols. Pour r\u00e9sumer : si le pillage apparaissait au d\u00e9part comme un moyen de financer la guerre, la guerre sert d\u00e9sormais \u00e0 justifier le pillage. C\u2019est ainsi que les Forces de d\u00e9fense populaire de l\u2019Ouganda continuent, selon les experts onusiens, \u00e0 provoquer des conflits ethniques en Ituri, afin de pouvoir conserver des troupes arm\u00e9es dans la r\u00e9gion. Quant au Rwanda, il a expuls\u00e9 de force des Tutsis congolais qui vivaient jusqu\u2019ici dans des camps de r\u00e9fugi\u00e9s install\u00e9s sur son territoire. Cette pr\u00e9sence de Tutsis au Congo, tout pr\u00e8s de la fronti\u00e8re avec le Rwanda, permet \u00e0 Kigali de s\u2019assurer du maintien de sa sph\u00e8re d\u2019influence dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Mais, conscients qu\u2019il leur faudra forc\u00e9ment se retirer dans un futur proche, les trois puissances \u00e9trang\u00e8res encore pr\u00e9sentes au Congo (le Rwanda, le Zimbabwe et l\u2019Ouganda) organisent d\u00e9j\u00e0 les modalit\u00e9s d\u2019une poursuite de l\u2019exploitation des sous-sols en temps de \u00ab paix \u00bb.<br \/>\nL\u2019Ouganda a choisi, pour maintenir sa domination sur le pays sans ses forces arm\u00e9es, de former des milices arm\u00e9es, charg\u00e9es d\u2019effectuer tr\u00e8s prochainement les missions jusqu\u2019ici r\u00e9alis\u00e9es par l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re, \u00e0 savoir la d\u00e9fense des gisements et des voies de communication. Le Rwanda, pour sa part, a lui aussi commenc\u00e9 \u00e0 retirer ses hommes. Mais il a d\u00e9j\u00e0 remplac\u00e9 la plupart des Congolais dirigeant des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019exploitation par des hommes d\u2019affaires rwandais, qui assureront la poursuite du pillage au b\u00e9n\u00e9fice du r\u00e9gime de Paul Kagam\u00e9. Un grand nombre de soldats rwandais ont par ailleurs \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s au sein de l\u2019arm\u00e9e nationale congolaise. Quant au Zimbabwe, qui est le pays le plus proche du gouvernement de Joseph Kabila, il a sign\u00e9, au cours des dix-huit derniers mois, un grand nombre d\u2019accords avec des entreprises congolaises pour former des consortiums. Ces accords lui donnent la mainmise sur une part importante des ressources du pays, malgr\u00e9 un retrait complet de ses troupes du centre diamantif\u00e8re de Mbuji Layi, en ao\u00fbt 2002. En trois ans, le Congo a ainsi c\u00e9d\u00e9 pour 5 milliards de dollars de titres du secteur minier \u00e9tatique \u00e0 des entreprises priv\u00e9es sous contr\u00f4le zimbabw\u00e9en, sans que l\u2019on puisse constater la moindre compensation ou le moindre b\u00e9n\u00e9fice dans les finances congolaises. La domination change donc de nature : alors que le pillage \u00e9tait auparavant r\u00e9alis\u00e9 par les arm\u00e9es, il est d\u00e9sormais remplac\u00e9 par des syst\u00e8mes de fraude organis\u00e9e, de fraude fiscale, et d\u2019extorsion, dans des montages complexes qui ressemblent \u00e0 ceux r\u00e9alis\u00e9s par les organisations criminelles.<\/p>\n<p><strong>Les vrais bailleurs de fonds de la guerre<\/strong><\/p>\n<p>Mais ce qui nous int\u00e9resse ici n\u2019est pas de montrer le fonctionnement de ce pillage organis\u00e9, ni ses finesses. Savoir que des puissances autrefois exploit\u00e9es peuvent aujourd\u2019hui exploiter jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement un \u00c9tat voisin n\u2019a rien d\u2019exceptionnel. En revanche, la pi\u00e8ce manquante de ce puzzle est \u00e0 chercher dans les pays du Nord. L\u2019exploitation du diamant ou du cobalt n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 un march\u00e9 local, ni m\u00eame r\u00e9gional, mais bien aux pays industrialis\u00e9s d\u2019Europe, d\u2019Am\u00e9rique du Nord, d\u2019Asie du Sud-Est ou du Proche-Orient. Ce sont ces pays qui, en violation des principes directeurs de l\u2019OCDE, ach\u00e8tent les mati\u00e8res premi\u00e8res en provenance du Congo. Ce sont eux les bailleurs directs de la guerre qui ravage la r\u00e9gion depuis six ans. Quelles puissances y sont donc \u00e0 l\u2019\u0153uvre ?<\/p>\n<p>La Belgique, en tant qu\u2019ancienne puissance coloniale et avec la plaque tournante du diamant qu\u2019est Anvers, est le pays le plus repr\u00e9sent\u00e9 dans la liste des soci\u00e9t\u00e9s occidentales travaillant au Congo, avec 21 soci\u00e9t\u00e9s belges sur 85 recens\u00e9es. Un personnage incarne \u00e0 la perfection cette ing\u00e9rence : il s\u2019agit de George Forrest, qui dirige la multinationale George Forrest International. Celui-ci, aux dires du Groupe d\u2019experts, est \u00e0 l\u2019origine des premi\u00e8res joint-ventures entre des soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9s et la G\u00e9camines, la soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re d\u2019\u00c9tat. Il f\u00fbt m\u00eame nomm\u00e9 pr\u00e9sident de cette derni\u00e8re de novembre 1999 \u00e0 ao\u00fbt 2001, alors m\u00eame que certaines de ses soci\u00e9t\u00e9s \u00e9taient en n\u00e9gociation avec l\u2019entreprise congolaise. Il faut dire que George Forrest est \u00e9galement dans le march\u00e9 de l\u2019armement, puisqu\u2019il poss\u00e8de 100 % de la soci\u00e9t\u00e9 New Lachauss\u00e9e, en Belgique, principal fabricant de douilles, de grenades, d\u2019armes l\u00e9g\u00e8res et de lanceurs d\u2019engins. Une sp\u00e9cificit\u00e9 qui a d\u00fb convaincre le gouvernement congolais de ne pas se montrer trop regardant. D\u2019autant que, selon le rapport, il b\u00e9n\u00e9ficie du ferme soutien de milieux politiques en Belgique.<\/p>\n<p>Le rapport met \u00e9galement en lumi\u00e8re un grand nombre de connexions politico-diplomatiques, voire mafieuses. Par exemple, les liens entre une soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re zimbabw\u00e9enne, exploitant des gisements congolais, et le trafiquant d\u2019armes et de diamant ukrainien, Leonid Minim. Au c\u0153ur des n\u00e9gociations entre des soci\u00e9t\u00e9s du Zimbabwe et les soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res \u00e9tatiques congolaises, on trouve surtout la soci\u00e9t\u00e9 Oryx National Resources, de Thamer Bin Said Ahmed Al-Shanfari, un Libanais proche d\u2019importants entrepreneurs du Golfe tels que Issa al-Kawari, qui g\u00e8re la fortune de l\u2019\u00e9mir d\u00e9pos\u00e9 du Qatar. La soci\u00e9t\u00e9 Oryx travaille de mani\u00e8re tr\u00e8s proche avec Avient Air, une entreprise militaire qui fournir ses services et de l\u2019\u00e9quipement aux forces arm\u00e9es du Zimbabwe et \u00e0 l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re du Congo. En avril 2002, Avient Air a ainsi vendu six h\u00e9licopt\u00e8res au gouvernement de Kinshasa. Par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019Andrew Smith [4], ancien capitaine de l\u2019arm\u00e9e britannique, cette compagnie avait \u00e9t\u00e9 choisie pour organiser des bombardements sur l\u2019est du pays, en 1999-2000. John Bredenkamp, qui poss\u00e8de la soci\u00e9t\u00e9 Tremalt Ltd. [5], a propos\u00e9 de servir d\u2019interm\u00e9diaire entre le gouvernement congolais et l\u2019Aviation Consultancy Services Company (ACS), afin que celle-ci fournisse du mat\u00e9riel militaire \u00e0 Kinshasa. Apr\u00e8s enqu\u00eate, il appara\u00eet pourtant que l\u2019ACS ne repr\u00e9sente rien de moins que\u2026 British Aerospace, Dornier (soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise) et Agusta (soci\u00e9t\u00e9 italienne).<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 rwandais, le r\u00e9seau des \u00e9lites au c\u0153ur du pillage des ressources congolaises entretient des liens \u00e9troits avec d\u2019importants responsables du crime organis\u00e9. Sont notamment cit\u00e9s dans le rapport Victor Bout, ancien membre du KGB et grand trafiquant d\u2019armes, qui fournit ses avions aux forces rwandaises, Sanjivan Ruprah, un trafiquant d\u2019armes kenyan d\u2019origine indienne, et Richard Muamba Nozi, un n\u00e9gociant de diamants congolais.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9pouvantail \u00ab Al Qa\u00efda \u00bb utilis\u00e9 pour remplacer certains acteurs<\/strong><\/p>\n<p>Plus \u00e9tonnant, l\u2019ombre d\u2019\u00ab Al Qa\u00efda \u00bb surgit \u00e0 plusieurs moments afin de discr\u00e9diter certains des acteurs s\u00e9vissant au Congo et de les remplacer par d\u2019autres. La soci\u00e9t\u00e9 Oryx est ainsi accus\u00e9e par la BBC, en octobre 2001, d\u2019avoir au sein de ses actionnaires un membre d\u2019Al Qa\u00efda. L\u2019information est d\u00e9mentie par la suite, mais entre-temps, la soci\u00e9t\u00e9 de Thamer Bin Said Ahmed Al-Shanfari a attir\u00e9 l\u2019attention et se retrouve au centre de plusieurs commissions d\u2019enqu\u00eate, en Belgique et aux \u00c9tats-Unis. Ce qui contribue \u00e0 affaiblir sa position et sa cr\u00e9dibilit\u00e9 dans le panier de crabes congolais. Le trafiquant d\u2019armes Sanjivan Ruprah subit peu apr\u00e8s le m\u00eame sort : d\u00e9but 2002, il est arr\u00eat\u00e9 en Belgique. Au cours de l\u2019interrogatoire, il fait \u00e9tat de ses contacts avec des agents de la CIA et \u00e9voque les relations russo-isra\u00e9liennes sur fond de trafic de diamants, en impliquant Victor Bout. Il est rel\u00e2ch\u00e9. En ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e, il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 nouveau en Italie pour pr\u00e9sentation de faux passeport. L\u2019inculp !tion se transforme vite, dans les m\u00e9dias, en une suppos\u00e9e participation au r\u00e9seau d\u2019Oussama Ben Laden. Victor Bout est lui m\u00eame accus\u00e9 par l\u2019International Consortium of Investigative Journalists de Washington d\u2019avoir vendu des armes au r\u00e9gime des talibans, en Afghanistan. Le responsable rwandais du bureau Congo, charg\u00e9 de n\u00e9gocier avec les entreprises congolaises, \u00e9tait Aziz Nassour, marchand de diamant d\u2019origine libanaise. Il est soudainement remplac\u00e9, en 2000, par un diamantaire isra\u00e9lien, Philippe Surowicz. Deux ans plus tard, il appara\u00eet dans une enqu\u00eate du Washington Post qui le lie \u00e0 un trafic de diamants qui aurait servi \u00e0 financer Al Qa\u00efda.<\/p>\n<p>Qui se sert de l\u2019\u00e9pouvantail Al Qa\u00efda ? Qui fait et d\u00e9fait les r\u00e9seaux de pillage au Congo-Kinshasa ? L\u2019ampleur et la complexit\u00e9 des montages financiers, ainsi que des acteurs en cause dans ce dossier semblent indiquer que le Congo est la cible d\u2019une bataille diplomatique qui d\u00e9passe ses simples enjeux internes et renvoie \u00e0 une confrontation plus globale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>*T\u00e9l\u00e9chargez <a href=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/fr-S-2002-1146_fr.pdf\">le rapport final 2002 du Groupe d\u2019experts <\/a>sur l\u2019exploitation ill\u00e9gale des ressources naturelles et autres formes de richesse de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo<\/em>.<\/p>\n<p><em><em>*T\u00e9l\u00e9chargez<\/em> <a href=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/fr-S-2003-1027_fr.pdf\">le rapport final 2003 du Groupe d\u2019experts <\/a>sur l\u2019exploitation ill\u00e9gale des ressources naturelles et autres formes de richesse de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo.<\/em>\t\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source: R\u00e9seau Voltaire (initialement publi\u00e9 le 28 novembre 2003). Par Paul Labarique. Un rapport de l\u2019ONU datant de 2002 sur l\u2019exploitation ill\u00e9gale des ressources naturelles de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo d\u00e9crypte les m\u00e9canismes de pillage \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le pays. 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