{"id":1980,"date":"2012-02-14T08:15:51","date_gmt":"2012-02-14T08:15:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ingeta.com\/?p=1980"},"modified":"2012-02-14T08:15:51","modified_gmt":"2012-02-14T08:15:51","slug":"areva-dans-le-scandale-duramin-balkany-et-le-retour-des-katangais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congolobilelo.com\/IN\/areva-dans-le-scandale-duramin-balkany-et-le-retour-des-katangais\/","title":{"rendered":"Areva dans le scandale d&#8217;UraMin: Balkany et le retour des Katangais\u200f"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\t<em><strong>Source: <a href=\"http:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/economie\/200112\/areva-dans-le-scandale-duramin-balkany-et-le-retour-des-katangais\">Mediapart.fr<\/a> | Initialement publi\u00e9 le 23 janvier 2012.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En ce mois d\u2019avril 2008, Patrick Balkany est \u00e0 Bangui. En quelques mois, le d\u00e9put\u00e9 et maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est devenu un habitu\u00e9 de l\u2019Afrique. L\u2019ami proche de Nicolas Sarkozy est d\u00e9sormais un des \u00e9missaires officieux du chef de l\u2019Etat sur le continent africain, comme l\u2019a racont\u00e9 longuement Le Canard encha\u00een\u00e9. Avec Claude Gu\u00e9ant et Brice Hortefeux, qui eux aussi ont leur petite cellule africaine, il pratique une diplomatie parall\u00e8le, digne h\u00e9riti\u00e8re de la Fran\u00e7afrique et des r\u00e9seaux Pasqua. Les responsables africains n\u2019ont pas mis tr\u00e8s longtemps \u00e0 comprendre que l\u2019ami de Nicolas Sarkozy avait bien plus de poids que Bruno Joubert, l\u2019animateur officiel de la cellule Afrique de l\u2019Elys\u00e9e. L\u2019Elys\u00e9e a envoy\u00e9 lui-m\u00eame le signal : Patrick Balkany est de tous les voyages pr\u00e9sidentiels en Afrique.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/areva-bangui.png\" alt=\"\" title=\"areva-bangui\" width=\"300\" height=\"402\" class=\"alignleft size-full wp-image-1982\" \/>Quand il arrive \u00e0 Bangui en ce printemps 2008, Patrick Balkany a une mission sp\u00e9ciale : regarder de pr\u00e8s le dossier de Bakouma, un des gisements d\u2019uranium d\u2019UraMin. Celui-l\u00e0 a de v\u00e9ritables ressources mini\u00e8res, plus que pr\u00e9vu m\u00eame. Areva le conna\u00eet bien : il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert par la Cogema et le BRGM en 1959. Mais \u00e9loign\u00e9e de plus de 600 kilom\u00e8tres de tout, la mine est difficile \u00e0 exploiter. Il faut construire des routes, des ponts, des moyens pour b\u00e2tir une usine de traitement de minerai sur place, afin de l&#8217;acheminer par la suite. Tout cela co\u00fbte tr\u00e8s cher. Alors, pendant des ann\u00e9es, les entreprises mini\u00e8res ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 oublier ce site difficile pour exploiter les plus rentables.<br \/>\nAvec l\u2019envol\u00e9e du prix de l\u2019uranium, Bakouma reprend de l\u2019int\u00e9r\u00eat. Areva a bien l\u2019intention d\u2019en tirer parti rapidement. Mais le gouvernement centrafricain qui attend depuis des ann\u00e9es l\u2019exploitation de ce gisement entend exercer son droit de regard sur ses ressources mini\u00e8res, voire faire monter les ench\u00e8res entre les soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res. Il conteste le transfert des droits du site de Bakouma \u00e0 Areva.<\/p>\n<p>Car c\u2019est une des autres surprises de cette affaire, qui d\u00e9cid\u00e9ment n\u2019en manque pas. La soci\u00e9t\u00e9 canadienne a non seulement \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e dans des conditions incroyables et \u00e0 un prix stratosph\u00e9rique, ses gisements ne tiennent pas les promesses annonc\u00e9es, mais en plus, les droits d\u2019exploration puis de production ne paraissent pas tr\u00e8s solides !<br \/>\nLors de la mise aux ench\u00e8res, le cabinet canadien Blake, qui assistait Areva dans son offre, avait pourtant assur\u00e9 que l\u2019aspect juridique ne posait pas de probl\u00e8me, que les licences d\u2019exploration et de production pouvaient \u00eatre transf\u00e9r\u00e9es sans difficult\u00e9. Quelques mois plus tard, le groupe nucl\u00e9aire fran\u00e7ais est bien oblig\u00e9 de constater qu\u2019il n\u2019a pas la s\u00e9curit\u00e9 juridique suffisante sur ses gisements.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est un autre des effets pervers de la proc\u00e9dure de mise aux ench\u00e8res. Tout va si vite qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019analyser les contrats en un laps de temps si court. Dans le cas des gisements miniers, c\u2019est encore plus complexe. Les gouvernements veulent avoir un contr\u00f4le sur les exploitants et des contreparties sur l\u2019exploitation de leurs ressources naturelles, ce qui est l\u00e9gitime. Mais cela demande du temps, exige des n\u00e9gociations \u00bb, explique un avocat d\u2019affaires. Autant de choses qu\u2019Areva n&#8217;a pas eu le temps de faire lors de l\u2019acquisition \u00e9clair d\u2019UraMin. Pour le groupe, les 2,5 milliards de dollars mis sur la table valaient solde de tout compte.<\/p>\n<p>L\u2019ennui est que le gouvernement centrafricain ne l\u2019entend pas ainsi. La convention d\u2019exploitation du site de Bakouma, sign\u00e9e entre l\u2019Etat centrafricain et la soci\u00e9t\u00e9 UraMin CAR, elle aussi immatricul\u00e9e aux \u00eeles Vierges, ne fait pas partie de la transaction, d\u2019apr\u00e8s son analyse.<br \/>\nLe gouvernement menace de remettre en cause son autorisation d\u2019exploration et d\u2019exploitation du gisement minier. En tout cas, il entend bien rediscuter les termes de la licence mini\u00e8re, en vue d\u2019obtenir des avantages suppl\u00e9mentaires d\u2019Areva, bien plus puissant et riche que la petite soci\u00e9t\u00e9 canadienne.<br \/>\nAreva oppose un refus cat\u00e9gorique aux demandes du gouvernement centrafricain. Le groupe se dit s\u00fbr de son bon droit : UraMin CAR est une filiale d\u2019UraMin. Areva ayant rachet\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e8re, il a naturellement pris le contr\u00f4le de la fille et est donc le l\u00e9gitime propri\u00e9taire des droits d\u2019exploitation du site de Bakouma. Les demandes du gouvernement centrafricain ne sont donc que des man\u0153uvres de chantage, voire d\u2019extorsion de fonds.<\/p>\n<p>L\u2019habituel sc\u00e9nario africain ? Le pouvoir centrafricain, dirig\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral-pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Boziz\u00e9, est tout sauf un mod\u00e8le de d\u00e9mocratie. Il n\u2019est pas impossible de voir dans ses demandes un moyen d&#8217;enrichir un clan au pouvoir plut\u00f4t que le pays. Mais il n\u2019est pas le seul \u00e0 avoir de telles revendications. Le gouvernement namibien lui aussi s\u2019interroge sur les cons\u00e9quences du transfert du gisement de Trekkopje. Les milliards d\u2019UraMin et d\u2019autres font r\u00e9fl\u00e9chir les pouvoirs africains.<\/p>\n<p>Tandis que des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res, n\u00e9es de la veille, font des milliards en bourse de Londres ou de Toronto, gr\u00e2ce \u00e0 la sp\u00e9culation sur les droits d\u2019exploitation conc\u00e9d\u00e9s par les gouvernements africains sur leurs ressources naturelles, les pays et les populations, eux, n\u2019en tirent aucun avantage. En Namibie, quatri\u00e8me producteur d\u2019uranium au monde, les taxes et les royalties sur les revenus des exportations de minerai se sont \u00e9lev\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 2 millions de dollars par an. Dans le m\u00eame temps, les soci\u00e9t\u00e9s ont engrang\u00e9 des millions de profits.<br \/>\nAu nom de quoi les gouvernements africains ne pourraient-ils pas b\u00e9n\u00e9ficier des richesses tir\u00e9es de leur sous-sol ? De la m\u00eame fa\u00e7on que les pays producteurs de p\u00e9trole ont obtenu d\u2019avoir une partie de la rente p\u00e9troli\u00e8re, les gouvernements africains demandent d\u2019\u00eatre associ\u00e9s aux b\u00e9n\u00e9fices des exploitations mini\u00e8res, de toucher des taxes et des imp\u00f4ts sur la richesse extraite, ou que les exploitants participent au d\u00e9veloppement et \u00e0 l\u2019\u00e9quipement du pays.<br \/>\nLa Chine l\u2019a bien compris et en joue habilement : elle propose la construction d\u2019infrastructures \u2013 pont, routes, centrales \u00e9lectriques, ou usine d\u2019eau \u2013 contre des droits d\u2019exploitation mini\u00e8re dans certains pays. M\u00eame si leurs engagements sont rarement au rendez-vous, en tout cas, pas comme les gouvernements l\u2019esp\u00e9raient \u2013 toutes les infrastructures, quand elles sont construites, sont r\u00e9alis\u00e9es par des entreprises chinoises sans y associer les populations \u2013, cette politique de partage et d\u2019association s\u00e9duit de plus en plus de pays. <\/p>\n<p>Face \u00e0 ces revendications l\u00e9gitimes, Areva campe sur sa ligne. Mille t\u00e9moignages et rapports venus de toute l\u2019Afrique racontent les m\u00e9thodes post-coloniales du groupe public. Il pr\u00e9f\u00e8re s\u2019en tenir \u00e0 une stricte lecture du droit, selon les r\u00e8gles du capitalisme moderne.<br \/>\nPlusieurs rencontres ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es entre des responsables d\u2019Areva et le gouvernement. \u00ab Daniel Wouters a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9sent \u00e0 ce moment l\u00e0, sur le suivi du rachat d\u2019UraMin. Il s\u2019est beaucoup occup\u00e9 des relations avec les pays africains \u00bb, dit un t\u00e9moin, proche du dossier. Z\u00e9phirin Diabr\u00e9, responsable Afrique et Moyen-Orient et conseiller de la pr\u00e9sidence du groupe pour les questions internationales, veille aussi aux discussions. Mais les n\u00e9gociations \u00e9chouent. Chaque partie campe sur ses positions. Pour sortir de l\u2019impasse, l&#8217;Elys\u00e9e qui a pris le dossier en main, va le g\u00e9rer \u00e0 l\u2019ancienne. A la Jacques Foccart. <\/p>\n<p><strong>Consul honoraire de la France \u00e0 Lubumbashi<\/strong><\/p>\n<p>Qui a eu l\u2019id\u00e9e de faire entrer Patrick Balkany dans le jeu ? Aucun de nos interlocuteurs n\u2019a \u00e9t\u00e9 capable de nous donner une r\u00e9ponse claire : les relations entre Areva et l\u2019Elys\u00e9e sont tellement complexes, Areva lui-m\u00eame ne semble pas un groupe tr\u00e8s serein, \u00e0 en juger par les \u00e9pisodes des enqu\u00eates internes contre sa pr\u00e9sidente, au point qu&#8217;un clan interne peut avoir d\u00e9cid\u00e9 de le faire sans en r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l&#8217;ensemble. Mais quelles que soient les hypoth\u00e8ses, elles finissent toujours par aboutir \u00e0 l&#8217;Elys\u00e9e. L&#8217;ami proche de Nicolas Sarkozy n&#8217;aurait jamais rien fait sans son assentiment.<br \/>\nEn ce printemps 2008, Patrick Balkany d\u00e9barque comme repr\u00e9sentant officieux de Paris pour s&#8217;occuper de Bakouma. A Bangui, il est en terrain connu. Il a d\u00e9j\u00e0 fait plusieurs voyages en Centrafrique \u2013 apr\u00e8s avoir pris contact aupr\u00e8s de son secr\u00e9tariat, nous avons adress\u00e9 un long mail de questions (lire sous l\u2019onglet Prolonger) \u00e0 Patrick Balkany. Il est pour l\u2019instant rest\u00e9 sans r\u00e9ponse. Mais il n\u2019est pas seul pour mener les discussions. Il est accompagn\u00e9, comme le raconte notamment le site africatime.com, de Georges Forrest. Une vieille connaissance de la Fran\u00e7afrique. <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/carte-RDC.png\" alt=\"\" title=\"carte-RDC\" width=\"370\" height=\"362\" class=\"alignleft size-full wp-image-1983\" \/>Dans les all\u00e9es du pouvoir en France, on \u00e9voque souvent \u00ab les Katangais \u00bb quand on parle des dossiers miniers. Georges Forrest est le chef de ce clan, qui exploite et s\u2019enrichit dans cette r\u00e9gion de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, la plus riche en ressources mini\u00e8res du pays. Cet homme d\u2019affaires belge a fait toute sa fortune dans le pays, apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance. Ami de Mobutu, ami de Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila, encore plus ami aujourd\u2019hui de Joseph Kabila, il a nag\u00e9 comme un poisson dans les eaux troubles du post-colonialisme du Congo (ex-Za\u00efre). <\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ces appuis politiques, il a prosp\u00e9r\u00e9 \u00e0 partir du moment o\u00f9 le pouvoir lui a conc\u00e9d\u00e9 la gestion de la Gecamines, la soci\u00e9t\u00e9 publique mini\u00e8re du Congo h\u00e9rit\u00e9e de l\u2019ancien empire royal belge. Dans un rapport tr\u00e8s critique sur la gestion de Georges Forrest, un ancien dirigeant de Gecamines note : \u00ab Les affaires de Georges Forrest se sont d\u00e9velopp\u00e9es sous le signe d\u2019une triangulation entre le Za\u00efre, Jersey, et la Belgique. \u00bb Un parcours tr\u00e8s bien balis\u00e9 depuis les empires coloniaux.<\/p>\n<p>Ses liens avec le monde des affaires belge sont tr\u00e8s \u00e9troits : le si\u00e8ge officiel de son groupe est \u00e0 Wavre, \u00e0 30 kilom\u00e8tres de Bruxelles ; sa banque principale, la Belgolaise, filiale de Fortis, lui a offert un soutien financier continu. Avec Daniel Wouters, ancien responsable de cet \u00e9tablissement bancaire, et minier \u00e0 ses heures, il est donc en terrain de connaissance. Il a \u00e9t\u00e9 conseiller royal au commerce ext\u00e9rieur en Belgique. Mais la France, qui a agrandi son terrain d\u2019influence aux ex-colonies belges apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, m\u00e9nage aussi beaucoup cet homme de poids. A plusieurs reprises, surtout lors des diff\u00e9rentes guerres civiles ou r\u00e9gionales au Za\u00efre, le gouvernement fran\u00e7ais s\u2019est appuy\u00e9 sur ses connaissances r\u00e9gionales\u2026 Paris appr\u00e9cie tant Georges Forrest qu\u2019elle l&#8217;a nomm\u00e9 consul honoraire de la France \u00e0 Lubumbashi, la principale ville du Katanga, le fief r\u00e9gional de l\u2019homme d\u2019affaires.<br \/>\nLes relations entre Patrick Balkany et Georges Forrest sont tr\u00e8s vite au beau fixe. L\u2019homme d\u2019affaires ne manque jamais de passer par la mairie de Levallois-Perret quand il est \u00e0 Paris. En retour, il pr\u00eate son avion personnel \u00e0 Patrick Balkany lors de ses d\u00e9placements africains. Un signe appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 sa juste mesure par tous les pouvoirs africains. C\u2019est donc cet homme, tr\u00e8s influent et tr\u00e8s implant\u00e9 sur le continent africain, qui vient pr\u00eater main forte \u00e0 l\u2019\u00e9missaire officieux de la France.<\/p>\n<p>En face, deux hommes conduisent la discussion au nom du gouvernement centrafricain : Sylvain Ndoutinga\u00ef, ministre des mines et surtout neveu du pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Boziz\u00e9, et Fabien Singaye, conseiller du pr\u00e9sident. Ce dernier a un dr\u00f4le de parcours : rwandais d\u2019origine, il a \u00e9t\u00e9 un des animateurs du parti extr\u00e9miste hutu, qui a conduit le g\u00e9nocide contre les Tutsis en 1994. Par la suite, il s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 au Congo, avant d\u2019\u00e9voluer dans les cercles de pouvoir des anciennes colonies fran\u00e7aises. Conseiller personnel du pr\u00e9sident centrafricain, il est aussi tr\u00e8s proche des pr\u00e9sidents gabonais et congolais. Cela tombe bien : il est aussi l&#8217;ami de Georges Forrest.<\/p>\n<p><strong>Georges Forrest, facilitateur<\/strong><\/p>\n<p>Au bout de quelques semaines de discussion, un accord est trouv\u00e9 entre Bangui et Areva. En ao\u00fbt 2008, un avenant au contrat de concession mini\u00e8re de Bakouma est officiellement sign\u00e9. Il pr\u00e9voit le versement de 40 millions de dollars sur cinq ans au gouvernement centrafricain par Areva et 12 % des b\u00e9n\u00e9fices issus de la production mini\u00e8re future du site de Bakouma. Le groupe public s\u2019engage aussi \u00e0 participer au financement des \u00e9quipements pour les populations locales. <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/balkany.png\" alt=\"\" title=\"balkany\" width=\"329\" height=\"281\" class=\"alignleft size-full wp-image-1984\" \/>Le 8 septembre 2010, le groupe public, qui a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 faire des travaux sur le gisement de Bakouma, remet officiellement des pompes \u00e0 eau \u00e0 la population locale. Les responsables d\u2019Areva pr\u00e9cisent alors qu\u2019ils ont d\u00e9j\u00e0 investi 70 milliards de francs CFA (environ 100 millions d\u2019euros) sur le site. Entre les routes, l\u2019usine de retraitement, les \u00e9quipements miniers, ils pr\u00e9voient un investissement total de 930 millions de dollars (700 millions d\u2019euros). Huit jours plus tard, le 14 septembre 2010, Patrick Balkany est fait commandeur dans l\u2019ordre du m\u00e9rite centrafricain par le pr\u00e9sident centrafricain. \u00ab C\u2019est un grand ami du pays \u00bb, dit Fran\u00e7ois Boziz\u00e9, en le d\u00e9corant.<br \/>\n\u00ab M. Balkany n\u2019a rien \u00e0 voir dans ce dossier. En revanche, on m\u2019a sollicit\u00e9. Il y avait une mauvaise compr\u00e9hension entre les deux parties. Les choses sont \u00e0 pr\u00e9sent r\u00e9gl\u00e9es. C\u2019est cela un r\u00f4le de facilitateur. Beaucoup de chefs d\u2019Etat me connaissent et j\u2019ai une bonne r\u00e9putation. Je suis re\u00e7u par courtoisie et ce n\u2019est pas n\u00e9cessairement pour affaires. Je peux aller ainsi au Gabon, au Togo, en Namibie, en Afrique du Sud \u00bb, d\u00e9clarera Georges Forrest, dans un entretien \u00e0 l\u2019hebdomadaire Jeune Afrique en avril 2009, en r\u00e9ponse \u00e0 une question sur son r\u00f4le dans l\u2019accord entre Areva et la R\u00e9publique centrafricaine.<\/p>\n<p>\u00ab Facilitateur \u00bb, n\u2019est-ce pas l\u2019expression utilis\u00e9e aussi par Ziad Takieddine ? Qu\u2019a obtenu Georges Forrest en contrepartie de son r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire ? Officiellement rien. \u00ab Je suis re\u00e7u par courtoisie et ce n\u2019est pas n\u00e9cessairement pour affaires \u00bb dit-il. \u00ab Georges Forrest nous a effectivement aid\u00e9 dans le dossier centrafricain. Il conna\u00eet bien la r\u00e9gion. Mais il n\u2019est pas int\u00e9ress\u00e9 par l\u2019uranium. Il a surtout des mines de cuivre et de cobalt \u00bb, explique un porte-parole d\u2019Areva.<br \/>\nIl serait plus juste de dire qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas jusqu\u2019alors int\u00e9ress\u00e9 par l\u2019uranium. Car, \u00e0 partir de ce dossier centrafricain, Georges Forrest va se prendre de passion pour ce minerai strat\u00e9gique. L\u2019accord avec Areva est \u00e0 peine sign\u00e9 que l\u2019homme d\u2019affaires d\u00e9clare son int\u00e9r\u00eat pour le gisement d\u2019uranium de Denguiro. Malchance, la concession mini\u00e8re a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 un autre homme d\u2019affaires congolais, Richard Ondoko, et la soci\u00e9t\u00e9 suisse, Urano. Mais les voies du pouvoir sont imp\u00e9n\u00e9trables : Georges Forrest finit par obtenir sept lots sur ce gisement. Chance, ils jouxtent le gisement de Bakouma, celui exploit\u00e9 par Areva. Il ne faut pas longtemps pour que les rumeurs parviennent \u00e0 Bangui qu&#8217;Areva va racheter ces lots \u00e0 Georges Forrest, \u00e0 un tr\u00e8s bon prix.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9fendre sa cause aupr\u00e8s du gouvernement centrafricain, Georges Forrest avait quelques atouts. Il s\u2019est associ\u00e9, pour la reprise de cette mine, avec Fabien Singaye, le conseiller particulier du pr\u00e9sident centrafricain, et&#8230; Patrick Balkany. En d\u00e9cembre 2009, comme le r\u00e9v\u00e8le l\u2019ind\u00e9pendant-cf.com, le gouvernement de Bangui s\u2019\u00e9nerve : il n\u2019a pas re\u00e7u les 20 millions de dollars de taxes, que doivent Georges Forrest et Patrick Balkany au gouvernement, au titre de la licence d\u2019exploration. \u00ab Comme pour se donner bonne conscience, rapporte le site, le d\u00e9put\u00e9-maire de Levallois-Perret avait appel\u00e9 le 1er d\u00e9cembre le Quai d\u2019Orsay \u00e0 apporter une aide aux enfants qui meurent de famine \u00e0 Berberati dans la pr\u00e9fecture de la Mamb\u00e9r\u00e9-Kade\u00ef. \u00bb<br \/>\nLa dispute, en tout cas, est vite enterr\u00e9e. A la mi-d\u00e9cembre 2009, Areva cr\u00e9e une joint-venture avec Georges Forrest. La soci\u00e9t\u00e9, Areva Explo, immatricul\u00e9e \u00e0 Bangui, est d\u00e9tenue \u00e0 70 % par Areva et 30 % par Georges Forrest.  Elle a pour but de d\u00e9velopper les activit\u00e9s mini\u00e8res dans la r\u00e9gion. \u00ab Areva esp\u00e8re profiter des nombreux contacts que Georges Forrest a nou\u00e9s dans cette r\u00e9gion d\u2019Afrique pour mener \u00e0 bien ses projets \u00bb, rel\u00e8ve le quotidien belge L\u2019Echo qui a d\u00e9voil\u00e9 cette alliance. Tout est dit, en termes choisis, sur cette alliance si d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e.<br \/>\nQui a pris l&#8217;initiative d&#8217;un tel accord ? Anne Lauvergeon ou S\u00e9bastien de Montessus, le nouveau directeur des mines d&#8217;Areva, Olivier Mallet ayant \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9, comme par hasard, juste apr\u00e8s le rachat d&#8217;UraMin ? Ce responsable est accus\u00e9 aujourd&#8217;hui d&#8217;avoir diligent\u00e9 les enqu\u00eates contre l&#8217;ancienne pr\u00e9sidente. En tout cas, c&#8217;est la signature d&#8217;Areva qui est engag\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Notre accord va faire des jaloux \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Les relations entre Areva et l\u2019homme d\u2019affaires belge deviennent tr\u00e8s \u00e9troites. C\u2019est lui qui ouvre les portes de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo au groupe public. Dans les rapports cyclothymiques qu\u2019entretiennent l\u2019Elys\u00e9e et Anne Lauvergeon, le dossier minier est un des points de friction. Nicolas Sarkozy est tr\u00e8s mobilis\u00e9 sur les mines, pour ouvrir les portes du Congo \u00e0 Areva et ailleurs encore, et les cellules parall\u00e8les aussi.<br \/>\nAnne Lauvergon prend en main un dossier o\u00f9 l&#8217;Elys\u00e9e ne cesse de mettre les doigts. En marge d\u2019un voyage officiel de Joseph Kabila en France en ao\u00fbt 2008, la pr\u00e9sidente du directoire d\u2019Areva et Z\u00e9phirin Diabr\u00e9 s\u2019entretiennent discr\u00e8tement au Ritz avec le pr\u00e9sident congolais sur les perspectives d\u2019exploitation mini\u00e8res dans le pays. Joseph Kabila est tr\u00e8s ouvert aux offres fran\u00e7aises. \u00ab Areva offre toutes les garanties d\u2019un partenaire s\u00e9rieux dans une industrie sensible et dangereuse pour relancer l\u2019exploitation d\u2019uranium au Congo \u00bb, expliquera plus tard le gouvernement congolais.<\/p>\n<p>Le 26 mars 2009, \u00e0 l\u2019occasion du voyage pr\u00e9sidentiel de Nicolas Sarkozy \u00e0 Kinshasa, Anne Lauvergeon, arriv\u00e9e dans un avion personnel \u00e0 l&#8217;\u00e9cart du cort\u00e8ge pr\u00e9sidentiel,  signe un accord in\u00e9dit avec le gouvernement congolais : Areva obtient un permis de recherche de gisements d\u2019uranium sur l\u2019ensemble du territoire, ainsi que l\u2019exploitation future du minerai. Un droit qui n\u2019\u00e9tait alors d\u00e9tenu que par la soci\u00e9t\u00e9 publique Gecamines.<br \/>\nJamais un gouvernement au monde n\u2019a conc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une seule soci\u00e9t\u00e9 \u00e9trang\u00e8re l\u2019ensemble d\u2019un territoire. C\u2019est encore plus frappant quand il s\u2019agit du Congo, un des pays les plus riches au monde en richesses mini\u00e8res, avec la Russie et le Canada.<br \/>\n\u00ab Nous sommes dans un monde de concurrence et notre accord va faire des jaloux \u00bb, d\u00e9clare Anne Lauvergeon au moment de la signature, selon la presse congolaise. \u00ab Je crois bien que nous sommes l\u2019unique entreprise au monde \u00e0 avoir ce type de mandat. De plus, nous brisons un tabou. C\u2019est la premi\u00e8re fois que l\u2019on ose parler d\u2019exploration d\u2019uranium en RD Congo, une activit\u00e9 jusque-l\u00e0 du domaine r\u00e9serv\u00e9 de l\u2019Etat \u00bb, surench\u00e9rit Z\u00e9phirin Diabr\u00e9.<br \/>\nLa presse congolaise rel\u00e8ve au passage que cet accord risque aussi de faire des jaloux chez Areva : S\u00e9bastien de Montessus, le directeur de la branche mines, n&#8217;est pas l\u00e0, note-t-elle. Y a-t-il une volont\u00e9 de la part de la pr\u00e9sidente d&#8217;Areva de reprendre en main personnellement un dossier minier qui a dangereusement tendance \u00e0 filer du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Elys\u00e9e ? A-t-elle au contraire sign\u00e9, sans en parler au responsable de la branche ? Bref, d\u00e8s cette \u00e9poque, il para\u00eet y avoir quelque contentieux et quelque secret entre Anne Lauvergeon et S\u00e9bastien de Montessus, qu&#8217;elle a pourtant choisi.<\/p>\n<p>En juillet 2007, l\u2019ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Roger A. Meece, rapporte les craintes et les rumeurs \u00e0 ce sujet, dans un c\u00e2ble d\u00e9voil\u00e9 par Wikileaks. Il fait \u00e9tat de bruits, accusant Georges Forrest d\u2019\u00eatre partie prenante dans ces exp\u00e9ditions clandestines d\u2019uranium. L\u2019ambassadeur am\u00e9ricain n\u2019y croit gu\u00e8re mais le signale malgr\u00e9 tout. Sans \u00eatre mis sous surveillance, Georges Forrest est d\u00e9sormais suivi de plus pr\u00e8s par les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines.<br \/>\nD\u2019autant qu\u2019au m\u00eame moment, l\u2019homme d\u2019affaires belge est en train de se porter acqu\u00e9reur d\u2019une \u00ab junior entreprise \u00bb canadienne, Forsys Metals. Une soci\u00e9t\u00e9 qui ressemble comme deux gouttes d\u2019eau \u00e0 UraMin : elle a juste des droits miniers dans des gisements d\u2019uranium en Namibie. Hasard ? Ses mines sont situ\u00e9es juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du site de Trekkopje, qui appartient d\u00e9sormais \u00e0 Areva. Il n\u2019en faut pas plus pour que la presse sp\u00e9cialis\u00e9e dans le monde minier sp\u00e9cule sur la reprise rapide de cette soci\u00e9t\u00e9 par le groupe public fran\u00e7ais. Le rachat de Forsys Metals n\u2019ira pas jusqu\u2019au bout. Au moment de payer, Georges Forrest est incapable de signer le ch\u00e8que pr\u00e9vu.<\/p>\n<p><strong>Retour d&#8217;un actionnaire bien connu<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/16_janvier.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.ingeta.com\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/16_janvier-200x300.jpg\" alt=\"\" title=\"Anne Lauvergeon\" width=\"200\" height=\"300\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1985\" \/><\/a>Que s\u2019est-il pass\u00e9 ? Ordre a-t-il \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 d&#8217;\u00e9carter ce \u00ab facilitateur \u00bb un peu trop voyant ?  Entre-temps, en tout cas, Areva a chang\u00e9 de partenaire. En janvier 2010, le groupe prend ainsi 10,57 % dans Marenica Energy, une petite soci\u00e9t\u00e9 australienne, pour une petite dizaine de millions de dollars, et en devient le premier actionnaire. Cette soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9tient aussi des droits miniers, pas tr\u00e8s loin du site de Trekkopje. La presse sp\u00e9cialis\u00e9e a souvent parl\u00e9 de Marenica Energy, comme un second UraMin. Une fabuleuse affaire, donc !<br \/>\nMais la chute du cours de l\u2019uranium et la crise ont fait voler en \u00e9clats les r\u00eaves. Marenica Energy est au bord de la faillite et son actionnaire principal, un fonds d\u2019investissement, ne veut pas l\u2019\u00e9pauler. C\u2019est lui qui propose la reprise de ses parts \u00e0 Areva. Le nom de cet actionnaire ? Polo Resources, la soci\u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e par Stephen Dattels, le cr\u00e9ateur d\u2019UraMin. Le monde minier est bien petit.  Et Areva est d\u00e9cid\u00e9ment peu rancunier&#8230;<\/p>\n<p>De toute cette affaire, il ne reste que des milliards envol\u00e9s, des investissements gel\u00e9s, une usine de dessalement d\u2019eau de 250 millions de dollars en Namibie, dont l\u2019utilisation fait encore l&#8217;objet de discussions entre Areva et le gouvernement namibien. Celui-ci souhaite que l\u2019eau ne soit pas revendue seulement aux exploitants miniers mais qu&#8217;elle serve aux populations locales.<br \/>\nPour le reste, Luc Oursel, le nouveau pr\u00e9sident d\u2019Areva, a d\u00e9cid\u00e9 l\u2019arr\u00eat de l\u2019exploration et de la mise en production des gisements rachet\u00e9s \u00e0 UraMin, apr\u00e8s la chute du cours de l\u2019uranium et l\u2019accident de Fukushima. Certains sites comme Bakouma reprendront certainement, quand les circonstances le permettront, d\u2019autres comme Trekkopje risquent d\u2019\u00eatre totalement oubli\u00e9s.<br \/>\nEn priv\u00e9, Anne Lauvergeon dit que l\u2019Elys\u00e9e a mont\u00e9 un \u00ab chantier \u00bb, comme on dit dans la police, contre elle avec le dossier UraMin. \u00ab Cela ne vaut rien aujourd\u2019hui, on s\u2019empressera de le revendre pour z\u00e9ro et d\u2019autres feront par la suite la bonne affaire \u00bb, dit-elle. Impossible de savoir la v\u00e9rit\u00e9, puisqu&#8217;en l&#8217;absence d&#8217;expertise ind\u00e9pendante sur les gisements, ce n&#8217;est que parole contre parole entre l&#8217;ancienne pr\u00e9sidente d&#8217;Areva et son successeur.<br \/>\nLa presse namibienne n\u00e9anmoins notait ceci, apr\u00e8s le rachat du site de Trekkopje : \u00ab Aujourd&#8217;hui, personne en Namibie, ou dans le monde, comprend le ph\u00e9nom\u00e9nal montant d&#8217;argent d\u00e9pens\u00e9 dans cette transaction, pour un gisement aussi petit et d&#8217;aussi faible teneur en minerai. \u00bb<\/p>\n<p>En public, Anne Lauvergeon accuse Nicolas Sarkozy et ses amis de vouloir d\u00e9manteler le groupe et privatiser le secteur minier, son activit\u00e9 la plus rentable. Le Qatar, avec lequel le chef de l\u2019Etat entretient des relations in\u00e9dites, est d\u00e9sign\u00e9 comme le pr\u00e9dateur. L\u2019hypoth\u00e8se est plausible : le pouvoir fait preuve de tant de lib\u00e9ralit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard du Qatar&#8230;<br \/>\nMais Anne Lauvergeon est-elle pour autant quitte de tout reproche ? Pourquoi a-t-elle r\u00e9alis\u00e9 le rachat d&#8217;UraMin, dans des conditions aussi insens\u00e9es ? Pourquoi a-t-elle masqu\u00e9 les d\u00e9boires gigantesques de cette acquisition ? Pourquoi Areva a-t-il fray\u00e9 avec des personnages peu fr\u00e9quentables, s\u2019est associ\u00e9 avec eux ? M\u00eame si elle n&#8217;a d\u00e9couvert que sur le tard cette diplomatie parall\u00e8le, les r\u00e9seaux occultes, pourquoi n&#8217;a-t-elle pas \u00e9cart\u00e9 les dirigeants qui, \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de son groupe, leur pr\u00eataient main forte ? Quels int\u00e9r\u00eats y avaient-ils derri\u00e8re tout cela ? Car on ne perd pas deux milliards d&#8217;euros d&#8217;argent public impun\u00e9ment.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Areva est un groupe ruin\u00e9, additionnant l&#8217;\u00e9chec de l&#8217;EPR, lui aussi longtemps masqu\u00e9, \u00e0 celui des mines. Cinq milliards d&#8217;euros, au bas mot. L&#8217;addition sera pr\u00e9sent\u00e9e aux contribuables. Areva se retrouve livr\u00e9 \u00e0 la merci de tous les pr\u00e9dateurs, comme Anne Lauvergeon le redoute. Mais elle ne peut totalement se d\u00e9douaner de cette faillite.\t\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source: Mediapart.fr | Initialement publi\u00e9 le 23 janvier 2012. En ce mois d\u2019avril 2008, Patrick Balkany est \u00e0 Bangui. En quelques mois, le d\u00e9put\u00e9 et maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est devenu un habitu\u00e9 de l\u2019Afrique. 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